Libye: « L’Osservatore Romano » critique la hâte de la France à intervenir contre Kadhafi
Rome, 23 mars 2011 (Apic) Trois jours après le début des frappes aériennes en Libye, « L’Osservatore Romano », dans son édition du 22 mars 2011, a déploré la hâte de la France à lancer une opération militaire contre le régime du colonel Kadhafi. Alors qu’apparaissent de sérieuses divergences diplomatiques sur la stratégie et la place à donner à l’Otan dans ces opérations, le quotidien du Vatican a estimé que Paris a agi sans aucune coordination avec les pays alliés.
« La coalition des personnes de bonne volonté vacille » a titré « L’Osservatore Romano » en Une de son édition du soir, pour évoquer la confrontation diplomatique entre l’Italie et la France, sur la stratégie à mener dans les frappes alliées en Libye. Le quotidien n’hésite pas à parler de « grande confusion ». Alors que l’Italie accuse la France de vouloir faire cavalier seul et lui reproche de ne pas vouloir transmettre le commandement de l’opération à l’Otan, le quotidien du Vatican juge que cette situation « révèle tous les problèmes politiques de cette opération militaire commencée en hâte et sans aucune coordination par la France ».
« L’attaque de la Libye doit tenir compte des changements d’avis de la Ligue arabe, mais aussi de la Grande-Bretagne, de la Belgique et de l’Italie qui demandent que le commandement militaire des opérations soit confié à l’Otan », estime « L’Osservatore Romano ». Après avoir rappelé que l’ensemble des responsables politiques italiens, y compris le président de la République, demandaient le transfert du commandement des opérations militaires à l’Otan, « L’Osservatore Romano » précise que Paris n’a pas pris compte des requêtes du gouvernement italien.
La France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, ainsi que cinq autres pays européens (Belgique, Danemark, Espagne, Grèce, Italie), participent aux opérations aériennes en Libye. Celles-ci ont été lancées dans la soirée du 19 mars dernier, afin de protéger les civils des attaques du colonel Mouammar Kadhafi. Elles font suite à une résolution adoptée deux jours plus tôt à l’ONU.
Peu à peu, cependant, de sérieuses dissensions sont apparues au sein de la coalition. La France semble vouloir rester en première ligne. L’Italie a fait marche arrière. Elle craint un débarquement massif d’immigrés sur les côtes de l’île de Lampedusa, en provenance de la Libye, colonie italienne de 1911 à 1941. (apic/imedia/ami/nd)
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