Libye: Le vicaire apostolique de Tripoli réaffirme l’urgence d’une solution diplomatique

Après un raid aérien qui a tué 40 civils

Tripoli, 1er avril 2011 (Apic) «Les raids prétendument humanitaires ont fait des dizaines de victimes parmi les civils des quartiers de Tripoli», a dénoncé Mgr Giovanni Innocenzo Martinelli, vicaire apostolique de la capitale libyenne, le 31 mars 2011. Selon l’agence missionnaire Fides, le haut prélat a réaffirmé que la solution diplomatique constitue le «chemin principal afin de mettre fin au bain de sang entre les libyens, offrant à Kadhafi une porte de sortie digne».

Le vicaire apostolique de Tripoli a raconté que, dans le quartier de Buslim, une habitation s’était écroulée suite aux bombardements et avait provoqué la mort de 40 personnes. «Hier, j’avais indiqué que les bombardements avaient touché, bien qu’indirectement, un certain nombre d’hôpitaux. L’un d’entre eux se trouve à Misda», a précisé Mgr Martinelli.

En effet, selon les nouvelles diffusées sur le site Internet d’Euronews, l’explosion d’un dépôt de munitions à Misda, au sud de Tripoli, touché lors d’un raid aérien, a également eu des répercussions sur un hôpital et plusieurs maisons. Des sources hospitalières indiquent qu’il y aurait eu 13 blessés.

La situation dans une impasse

«S’il est vrai que les bombardements semblent plutôt ciblés, il n’en reste pas moins qu’en frappant des objectifs militaires se trouvant au milieu de quartiers civils, on finit par impliquer également la population», a déploré Mgr Martinelli.

Et d’ajouter: «La situation à Tripoli devient chaque jour plus difficile. Le manque de carburant s’est aggravé ainsi que le témoignent les files interminables de véhicules aux stations-service. Sur le plan militaire, il semble que nous nous trouvions dans une impasse, parce que les rebelles ne semblent pas disposer de la force suffisante pour avancer. C’est pourquoi je dis que la solution diplomatique constitue le chemin principal pour mettre fin au bain de sang entre les Libyens, offrant à Kadhafi une porte de sortie digne.»

La récente défection du ministre des Affaires étrangères et ancien chef des Services secrets extérieurs libyens, Moussa Koussa, est interprétée par beaucoup comme le signe de fortes divisions au sein du régime du colonel Kadhafi: «Moussa Koussa était certainement l’un des piliers du pouvoir, a confirmé Mgr Martinelli. Sa défection est peut-être due à la ligne contradictoire qu’il avait adoptée au cours de ces dernières semaines vis-à-vis de l’ONU». (apic/fides/lm/nd)

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