Ils étaient isolés dans un séminaire à Abobo
Abidjan, le 1er avril 2011 (Apic) L’Opération des Nations-Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) a retiré le 31 mars quelque 150 religieux qui étaient isolés dans un séminaire à Abobo, un quartier populaire, situé au nord d’Abidjan. C’est ce qu’a annoncé le 1er avril, la mission onusienne, dans un communiqué parvenu au correspondant de l’Apic en Afrique de l’Ouest.
Cette exfiltration a été effectuée lors d’un déplacement sur place du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies pour la Côte d’Ivoire, le sud-coréen Young-Jin Choi, accompagné du Chef Adjoint de la Division des Droits de l’Homme de l’ONUCI, Guillaume Ngefa. Ils s’étaient rendus sur les lieux pour aider les religieux à sortir du quartier.
Les 150 religieux ont été accompagnés jusqu’à la cathédrale de Saint-Paul, a confirmé à l’agence MISNA le responsable pour les Droits de l’Homme de la mission locale (Onuci), Guillaume Ngefa: «Nous avons récupéré les religieux et les cinq autobus que des membres du fameux «commando invisible» avaient confisqués mardi dernier», jour de l’enlèvement de père Richard Kissi, directeur diocésain de l’organisation Caritas. «Tous les prêtres ont pu rentrer sains et saufs à Abidjan», souligne le communiqué le l’ONUCI.
Le quartier d›Abobo est, depuis le début de l’année, au cœur des violences en Côte-d’Ivoire. Le régime l’ex-président Laurent Gbagbo le considère «truffé de rebelles» lourdement armés, favorable à son adversaire Alassane Drahmane Ouattara, dont il conteste la victoire à l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. La victoire de Ouattara est en revanche reconnue par la communauté internationale.
De violents combats entre partisans des deux hommes pour le contrôle d’Abidjan la capitale, ont lieu depuis la nuit du 1 avril. Ces combats sont la dernière partie d’une offensive généralisée lancée il y a quatre jours, par les Forces armées républicaines (FAR), pro-Ouattara, pour chasser Laurent Gbagbo du pouvoir et permettre à Alassane Ouattara d’exercer pleinement le pouvoir. Depuis la proclamation des résultats de l’élection de novembre, il vivait retranché avec ses collaborateurs, à l’Hôtel du Golfe, au cœur d’Abidjan.
«Les hommes des Forces Républicaines sont arrivés dans la nuit, vers une heure et demie. De puissants coups de canon ont fait trembler notre centre et nous ont réveillés en sursaut. Ensuite, ça a été le tour des mitraillettes», a rapporté le 1er avril le Père Dario Dozio, provincial de la société des Missions africaines, contacté par la MISNA à Abidjan, où les combattants pro-Alassane Ouattara avancent progressivement pour s’emparer des positions stratégiques occupées par le président sortant Laurent Gbagbo.
«Ils avaient annoncé leur arrivée et c’est ce qu’ils ont fait. On nous dit que les attaques ont commencé dans les quartiers de Cocody et du Plateau, où se situent la résidence de Gbagbo et le palais présidentiel», ajoute le missionnaire qui peut voir de la fenêtre «des hommes armés dans tout le quartier, mais qui ne semblent appartenir à aucun des deux camps». Des sources locales ont effectivement confirmé que de hautes colonnes de fumée se sont élevées le 1er avril du palais présidentiel autour duquel sévissent de violents combats. «La télévision d’État ne transmet plus rien depuis cette nuit et la radio aussi reste muette», conclut le missionnaire.
Selon l’ONU, plus de 500 personnes ont été tuées depuis le début de la crise post-électorale. Environ 4’000 personnes se sont réfugiées dans les pays voisins. (apic/ibc/misna/bb)
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