Halte aux compromis avec Pékin!

Rome: Le numéro deux de «Propaganda Fide» critique les évêques «opportunistes» en Chine

Rome, 4 avril 2011 (Apic) Le secrétaire de «Propaganda Fide», la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, regrette la nomination d’»évêques de compromis» en Chine, qui va de pair avec l’augmentation du nombre «d’opportunistes» dans l’épiscopat. Et tout ceci, alors même que les relations entre le Saint-Siège et Pékin sont tendues ces derniers mois.

Mgr Xavier Hon Tai-Fai, premier Chinois à avoir été nommé à un haut poste de la curie romaine en décembre 2010, s’est confié dans une interview publiée vendredi 1er avril 2011 par le quotidien de la Conférence épiscopale italienne «Avvenire».

L’évêque chinois est notamment revenu sur le déroulement de la 8e Assemblée des représentants catholiques chinois, l’Eglise officielle, en décembre 2010 à Pékin. La présence forcée de certains évêques à cette rencontre avait alors suscité l’indignation du Saint-Siège. Cependant, selon le numéro deux de «Propaganda Fide», certains évêques, «y compris parmi ceux qui ont été reconnus par Rome», ont participé à cette assemblée alors qu’ils n’avaient pas tous été contraints à le faire.

Mgr Hon Tai-Fai demande un discernement plus attentif de la part du Saint-Siège

Alors que les relations entre Rome et Pékin se sont aussi durcies suite à l’ordination illicite de l’évêque de Chengde, en novembre 2010, de nombreux évêques se sont précipités chez lui «pour le féliciter et pour se faire photographier avec lui», a en outre regretté Mgr Hon Tai-Fai. Une fois de plus, a-t-il ajouté, alors qu’»ils n’étaient pas obligés de le faire».

Tout en se félicitant que Rome ait, «à juste titre, le souci d’éviter des ordinations illégitimes», le secrétaire de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples a toutefois jugé nécessaire un discernement plus attentif de la part du Saint-Siège dans le choix des candidats à l’épiscopat. Et ce d’autant plus que «le gouvernement chinois a des fonctionnaires très bien formés et habiles négociateurs». «Avant tout, cependant, a conclu Mgr Hon Tai-Fai, il faudrait comprendre si le gouvernement a véritablement envie de trouver un accord avec le Saint-Siège, ou non».

Le cardinal Joseph Zen Ze-kiun a lancé les premières attaques

Le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, évêque émérite de Hong Kong depuis 2009, avait la semaine dernière déjà déploré l’état «désastreux» dans lequel se trouve l’Eglise en Chine, «à cause de la dureté de la politique de Pékin», mais aussi en raison de la politique vaticane, trop semblable à ses yeux «à la désastreuse ’Ostpolitik’ du cardinal Casaroli». Derrière cette politique, il voit un «triumvirat» (le Préfet de «Propaganda Fide», un de ses commis, et le Père belge Jeroom Heyndrickx, un missionnaire de Scheut, spécialiste de l’Eglise en Chine, qui un de leurs conseillers), qui pousse au compromis avec le régime chinois.

Cité par l’agence de presse catholique AsiaNews à Rome, le cardinal âgé de 79 ans avait dénoncé cette attitude qui a conduit de nombreux évêques à participer le 18 novembre dernier à l’ordination de l’évêque de Chengde, le Père Joseph Guo Jincai, vice-secrétaire général de l’Association patriotique catholique de Chine, l’Eglise officielle. Le Vatican avait qualifiée cette ordination sans son accord de d’»illicite» et de «nuisible». Huit évêques en communion avec Rome avaient participé à cette ordination illicite.

De l’avis de l’ancien évêque de Hong Kong, le Saint-Siège doit donner des directives claires à l’Eglise en Chine pour éviter le schisme quand les évêques officiels «obéissent de façon enthousiaste» au gouvernement chinois et pas au pape. Le dialogue et le compromise sont certes nécessaires, affirme le cardinal Zen, mais il y a une ligne rouge: «Nous ne pouvons pas, juste pour plaire au gouvernement de Pékin, renoncer aux principes de notre foi et à notre discipline ecclésiastique essentielle». (apic/imedia/ami/asian/be)

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