St-Gall: 40ème anniversaire du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE)

La voix des évêques d’Europe

St-Gall, 11 avril 2011 (Apic) Le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE) a quarante ans. Cette institution, basée depuis 1977 à St-Gall, s’est rapidement imposée comme la voix des évêques d’Europe.

Ces derniers jours, le secrétariat général du CCEE a reçu d’émouvants témoignages. Mgr Franjo Komarica, évêque de Banja Luka, rappelle combien le congrès du CCEE à Sarajevo en 2002 avait été important pour l’Eglise de Bosnie-Herzégovine. Mgr Rrok Mirdita, archevêque de Tirana, souligne combien l’Eglise albanaise apprécie de pouvoir partager son expérience de l’oppression communiste avec les autres Eglises européennes. Mgr Anton Stres, archevêque de Ljubljana, évoque le rôle du CCEE dans le triomphe remporté contre le rideau de fer.

Trois messages venus de l’Est pour l’anniversaire du CCEE, preuves s’il en faut de l’engagement du Conseil pour l’union de l’Est et de l’Ouest européens. Le cardinal Bagnasco, président de la Conférence des évêques italiens, a également adressé un message: il relève un autre objectif du CCEE, concourir au développement d’une Europe, pas uniquement scientifique et politique, mais aussi spirituelle.

Un fruit du Concile

La fondation du CCEE est le fruit du Concile de Vatican II (1962-1965). Alors que, dans le courant du 20e siècle, une première conférence continentale s’était déjà tenue en Amérique latine, les évêques d’Afrique et d’Asie de l’Est commencent à se réunir après Vatican II afin de donner au message de l’Eglise un visage adapté à la culture locale.

C’est le Concile également qui est à l’origine des premières rencontres européennes. Les évêques d’alors participent annuellement à des symposiums, collaborant et cherchant en commun des solutions. Rapidement, ils désirent donner une structure à leur collaboration. Le 25 mars 1971, ils fondent à Rome le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (Consilium Conferentiarum Episcoporum Europae). Le premier président en est Mgr Roger Etchegaray, archevêque de Marseille, et le secrétaire Mgr Alois Sustar, vicaire épiscopal de Coire.

Une plaque tournante pour les évêques

Lorsqu’il est nommé en 1977 archevêque de Ljubljana, Mgr Sustar confie le secrétariat général au vicaire épiscopal Ivo Fürer, qui réside alors à St-Gall. Ce dernier dirige le secrétariat général jusqu’à sa consécration comme évêque de St-Gall, en 1995. Lui succèdent Mgr Aldo Giordano puis le Père Duarte da Cunha.

Avec le temps, le secrétariat général s’est affirmé toujours plus fortement comme une plaque tournante pour les évêques européens. Lorsqu’en 1993, Mgr Ivo Fürer se rend à Rome, il peut présenter un impressionnant travail à l’administration du Vatican: en 15 ans, le CCEE a organisé 217 congrès et séances dans 24 pays et 75 lieux.

Coopération entre les évêques

Le CCEE a trois objectifs de travail principaux: renforcer la coopération entre les évêques, développer les contacts œcuméniques et combler le fossé Est-Ouest.

Dès le début, le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe travaille principalement en réseau. Le secrétariat général comprend un personnel minimal et délègue beaucoup de travail aux secrétariats nationaux des conférences épiscopales. Ainsi, les différentes conférences épiscopales sont mobilisées et amenées à coopérer.

Le CCEE prend position sur les grandes questions sociales et culturelles: de la migration aux développements démographiques, du soutien aux familles au respect de la vie, le Conseil défend les valeurs chrétiennes dans une Europe pluraliste.

Combler le fossé

Le CCEE s’engage également dans l’œcuménisme. La coopération avec la Conférence des Eglises européennes (KEK) a conduit à de touchantes rencontres, comme dans une église de Trente ou dans l’ancien cloître de Luther. Signes les plus tangibles de cet engagement, les assemblées œcuméniques organisées en commun à Bâle (1989), Graz (1997) et Sibiu (2007).

Dans les vingt premières années, le CCEE tente de combler le fossé entre l’Est et l’Ouest en trouvant et maintenant des contacts par-dessus le rideau de fer. Depuis la chute du mur, il s’agit surtout de détruire les préjugés qui persistent encore. Le Conseil cherche également à éviter l’apparition d’un nouveau fossé qui séparerait Eglises de l’Union européenne et Eglises de pays non membre. Pour cette raison, l’assemblée générale d’octobre prochain se tiendra à Tirana, la capitale de l’Albanie.

10e anniversaire de la Charte œcuménique

Récemment, le CCEE s’est illustré dans l’appel lancé par son président, le cardinal Erdö, aux pays européens: ces derniers ne doivent pas abandonner l’Italie face à l’afflux de migrants sur ses côtes. Le cardinal a également pris position sur la question des crucifix dans les salles de classe.

Le 22 avril 2011, le CCEE aura un nouvel anniversaire à fêter: celui des dix ans de la Charte œcuménique.

Encadré:

Pourquoi avoir choisi St-Gall?

Il peut sembler surprenant que le secrétariat général du CCEE se soit établi à St-Gall, dans un des plus petits évêchés d’Europe. Le choix de la ville a tout d’abord répondu à des critères pratiques: lors de sa création, le secrétariat général du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe bénéficiait de peu de moyens. Il était impossible de créer un poste à plein temps pour le secrétaire général. Mgr Ivo Fürer endossa cette tâche en plus de son travail de vicaire épiscopal, une prouesse technique dues à sa formidable capacité de travail et à sa secrétaire, Margreth Küng, virtuose de l’organisation.

Des avantages de la petitesse

Rapidement, les évêques d’Europe ont remarqué l’avantage que représentait l’établissement du CCEE à St-Gall. Le choix de la ville n’était pas seulement pratique en terme d’organisation, mais surtout en terme de stratégie. Etabli dans un petit évêché, peu puissant, le Conseil était certain de ne pas subir son influence.

Cependant, le choix de St-Gall n’a pas toujours fait l’unanimité. La discussion s’est enflammée en 1993 lorsque le Vatican a décidé de déplacer le siège du CCEE à Rome. L’archevêque Vlk de Prague, alors président du Conseil, s’y est formellement opposé, préfèrant déménager l’institution dans la capitale tchèque. Une stratégie qui, à son tour, a rencontré l’opposition d’autres évêques. En fin de compte, le siège du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe est resté à St-Gall.

Rappelons que de 2001 à 2006, la Suisse a joué un rôle nouveau au CCEE. Mgr Amédée Grab, alors évêque de Coire, en était le président.

Au jubilée de saint Gall

Le diocèse participe financièrement au bon fonctionnement du CCEE, un soutien qui ne laisse pas le Conseil de marbre. Geste de reconnaissance, l’assemblée générale d’octobre 2012 se tiendra à St-Gall, afin de célébrer en commun, avec l’évêché, le canton et la ville, les 1400 ans de la venue de saint Gall. (apic/jo/amc)

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