L’industrie du chocolat doit mettre fin au travail des enfants
Lausanne, 21 avril 2011, (Apic) Les besoins humanitaires restent immenses en Côte d’Ivoire, malgré l’entrée en fonction effective du président Alassane Ouattara. Le commerce international de cacao, principale ressource d’exportation du pays, devrait néanmoins reprendre sous peu. VOICE*, un réseau européen d’ONG et de syndicats, demande à l’industrie du cacao de mettre fin au travail des enfants dans les exploitations et d’établir une filière durable du cacao, au lieu de se remettre au «business as usual».
Les causes du conflit en Côte d’Ivoire, qui dure depuis une décennie, sont profondes. Des revenus extrêmement bas dans la production du cacao et le manque d’investissements dans la formation de la population paysanne sont à l’origine de l’extrême pauvreté et de l’instabilité régionale, estiment VOICE et la Déclaration de Berne, dans un communiqué publié le 20 avril. Cette situation a conduit à la prolifération des pires formes de travail des enfants, à la violence entre population locale et migrante, ainsi qu’au manque de protection de l’environnement. Cette réalité touche particulièrement les 800’000 travailleurs des plantations de cacao, qui produisent la principale ressource d’exportation du pays.
Les entreprises actives dans le cacao reconnaissent en partie ces graves problèmes. Durant les dix dernières années, plusieurs initiatives ont vu le jour afin d’empêcher une plus grande dégradation de la chaîne du cacao affectant tous ses acteurs. Sans effet durable cependant, puisque la pauvreté des communautés rurales en Côte d’Ivoire s’est encore aggravée, estiment les ONG.
A l’approche du pic de consommation de chocolat lié aux fêtes de Pâques, l’Université américaine de Tulane (La Nouvelle-Orléans) publie un rapport sur le travail des enfants dans la production de cacao en Afrique de l’Ouest. Les résultats affligeants montrent que les efforts consentis par l’industrie du chocolat pour éliminer les pires formes de travail des enfants et la pauvreté extrême sont encore loin de satisfaire les promesses faites.
«Les acheteurs de cacao et producteurs de chocolat comme Nestlé, Mars, Kraft, Ferrero, Barry Callebaut, ADM et Cargill doivent saisir cette opportunité de changement politique en Côte d’Ivoire et la soutenir», insiste le communiqué. La situation actuelle leur offre une chance unique de faire preuve de responsabilité sociale et de mettre enfin sur pied une chaîne d’approvisionnement transparente, de renforcer les organisations de producteurs de cacao et d’éliminer le travail des enfants. Le retour au «business as usual», alors que les exportations reprennent sous le nouveau président, n’est définitivement pas une solution, conclut VOICE. Plus d’informations sur www.childlabor-payson.org (Tulane Report) ou www.ladb.ch/chocolat.
*Voice of Organizations in Cocoa in Europe (VOICE) est un réseau européen d’ONG et de syndicats qui militent pour un changement durable dans le secteur du cacao. Il est composé des organisations suivantes : Oasis, STOP THE TRAFFIK, Oxfam Wereldwinkels, FNV Bondgenoten, Oxfam Novib, Tropical Commodity Coalition, Fairfood International, Südwind Institute et la Déclaration de Berne. (apic/com/mp)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/l-industrie-du-chocolat-doit-mettre-fin-au-travail-des-enfants/