Croatie: Les évêques croates dénoncent la condamnation des généraux Gotovina et Markac
Zagreb, 21 avril 2011 (Apic) Les évêques croates ont dénoncé dans un communiqué daté du 20 avril la condamnation par la justice internationale à La Haye des généraux croates Ante Gotovina et Mladen Markac, coupables d’»entreprise criminelle conjointe». Ils expriment leur «solidarité chrétienne et humaine» avec ces officiers supérieurs condamnés par la justice internationale pour des crimes de guerre commis en 1995 durant la libération de la Krajina.
Les évêques croates redisent dans leur message leur solidarité pour toutes les victimes innocentes, sans tenir compte de leur appartenance ethnique. Ils estiment que les principes de la loi internationale devraient être «les mêmes pour tous, pour les grandes comme pour les petites nations».
L’’ex-président Franjo Tudjman, décédé en 1999, a été qualifié par le TPI de «membre clé» dans cette entreprise marquée par des meurtres, des pillages et des actes cruels. Le TPI relève que durant l’offensive militaire dénommée «Operacija Oluja» (Opération «Tempête») de l’armée croate contre les séparatistes serbes de Croatie en août 1995, 324 civils ou soldats ayant déposé les armes ont été tués et 90’000 Serbes déplacés de force.
Le Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie a condamné le 15 avril les deux anciens généraux Ante Gotovina et Mladen Markac pour crimes de guerre à des peines de 24 et 18 ans de prison. Les évêques croates expriment leur «incrédulité» et leur «tristesse» face à ce verdict de la justice internationale.
Réagissant au verdict de La Haye, les évêques estiment dans leur communiqué que «la vérité et la justice sont les conditions préalables de base pour la paix», et relèvent que ce verdict du TPI pour l’ex-Yougoslavie «mine leur confiance dans les institutions de la justice et de la vérité au niveau international». Les prélats se disent inquiet de l’impact négatif qu’aura ce verdict sur l’interprétation et l’établissement historique des faits concernant la «guerre d’indépendance de la Croatie», c’est-à-dire «la défense face à l’agression serbe».
La Conférence épiscopale croate exprime également son inquiétude des conséquences qu’aura ce jugement du TPI sur la «réputation internationale de la République de Croatie et du peuple croate en tant que tel, ainsi que sur la construction de la paix et de la justice dans les relations internationales».
Les évêques estiment que le terme «entreprise criminelle commune» utilisé par le TPI pour l’ex-Yougoslavie est une «grave insulte», qui plus est infondée, adressée au peuple croate et à la justice en général. Pour eux, un tel verdict contre les dirigeants du peuple et de l’Etat croates et contre les généraux qui ont conduit les campagnes militaires pour libérer le territoire croate durant la guerre «pourrait fournir un soutien dangereux et indirect pour de nouvelles violences», et aussi être la source de nouvelles injustices dans le monde. (apic/ika/be)
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