Emprisonné pour ses écrits en faveur des droits de l’Homme
Paris/Genève, 22 avril 2011 (Apic) L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), appelle les autorités judiciaires du Burundi à libérer Jean-Claude Kavumbagu et à mettre un terme au harcèlement judiciaire dont il est victime, a indiqué l’ONG dans un communiqué daté du 21 avril 2011.
Le 13 avril 2011, le ministère public de Bujumbura a requis la prison à perpétuité contre Jean-Claude Kavumbagu, rédacteur en chef du journal en ligne «Net Press», accusé «d’imputation dommageable, de trahison et d’écrits diffamatoires». Ses avocats ont plaidé en faveur de son acquittement et le procès a été ajourné dans l’attente du verdict, dans les 60 jours prochains.
Dans son communiqué, L’Observatoire demande instamment aux autorités judiciaires burundaises de mettre un terme à ce qu’elle considère comme «un harcèlement» à l’encontre du journaliste et de procéder immédiatement à sa libération. L’ONG considère que les charges qui pèsent sur lui ne visent manifestement qu’à sanctionner ses activités de défense des droits de l’Homme.
En outre, L’Observatoire demande aux autorités burundaises de garantir, en toutes circonstances, la protection des défenseurs des droits de l’Homme, conformément à la Déclaration des Nations unies et aux autres instruments internationaux, ratifiés par le Burundi, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Jean-Claude Kavumbagu, cible du pouvoir, depuis plusieurs années, en raison de ses articles dénonçant les actes de corruption et la mauvaise gestion de l’Etat, a été arrêté le 17 juillet 2010. Il a ensuite été placé en détention préventive à la prison centrale de Mpimba.
Le journaliste est poursuivi pour «faits de trahison», un crime puni au Burundi par une condamnation à la prison à perpétuité. Il avait publié un article dans lequel il exprimait ses réserves quant à la capacité de l’armée et des forces de police burundaises à prévenir une éventuelle attaque du groupe islamiste somalien Al Shabab. Ce dernier avait revendiqué l’attentat terroriste perpétré en Ouganda, le 11 juillet 2010. (apic/com/nd)
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