Renouer la confiance brisée
Zurich, 3 mai 2011 (Apic) Il conviendrait de créer des relations juridiquement contraignantes entre le diocèse de Coire et les diverses corporations ecclésiastiques, estime l’abbé Joseph Bonnemain, nouveau vicaire épiscopal pour les relations avec les organisations ecclésiastiques et les cantons. Dans une interview à l’agence Apic, le vicaire reconnaît que le chemin pour restaurer la confiance brisée sera long.
Dans ses diverses fonctions depuis trente ans au sein du diocèse de Coire, sous l’autorité de quatre évêques successifs, l’abbé Bonnemain affirme avoir vécu des relations agréables et fructueuses avec les corporations ecclésiastiques. En tant que vicaire judiciaire du diocèse (official), il a été actif à Coire et à Zurich et a tenté depuis de nombreuses années de jeter des ponts entre le diocèse et les cantons.
Pour Joseph Bonnemain le facteur le plus important dans les récents conflits du diocèse de Coire réside dans le fait que les relations entre les corporations ecclésiastiques et le diocèse ne sont pas réglées de manière juridiquement contraignante. Ce qui fait que la situation peut changer complètement au gré des divers acteurs. Il faut donc une base légale pour que la collaboration puisse se poursuivre indépendamment des personnes. Le « consensus » qui prévalait jusqu’à présent est dans tous les cas insuffisant.
Pour le vicaire épiscopal, les corporations ecclésiastiques devraient avoir une reconnaissance dans le droit de l’Eglise et de même les spécificités de l’Eglise devraient être admises par les structures étatiques. On pourrait commencer par des conventions entre les cantons du diocèse et l’Eglise catholique, on aurait donc ainsi un droit conventionnel. Des chemins pour résoudre le problème existent, mais cela demandera de longues négociations et des compromis. Tout ne sera pas réglé dès le départ, mais « nous pouvons faire de petits pas dans la bonne direction ».
Dans ce conflit, les deux parties ont manqué de réalisme et de « réflexion surnaturelle », déplore Joseph Bonnemain. Le diocèse n’est pas une entreprise qui peut remplacer n’importe quel évêque, n’importe quel recteur de séminaire ou vicaire général. Penser que Rome va remplacer ou accepter la démission d’un évêque, sans que « quelque chose de vraiment grave » ne soit arrivé, n’est pas réaliste non plus. Dans tout le déroulement de l’affaire, on n’a pas été « assez chrétien ». Etre chrétien c’est précisément se soutenir mutuellement dans ses propres faiblesses. « Nous sommes tous faibles, mais c’est ensemble que nous sommes forts », estime l’abbé Bonnemain qui pense pouvoir être accepté par les deux parties.
L’abbé Joseph Bonnemain, âgé de 62 ans, est prêtre depuis 1978. Il a auparavant étudié la médecine à Zurich et exercé quelque temps la profession de médecin. Depuis ses études, il est membre de la prélature personnelle de l’Opus Dei. Il est depuis 1989 vicaire judiciaire (official) du diocèse et membre du Conseil épiscopal. Il se sent heureux d’appartenir à l’Opus Dei, mais il travaille à fond pour le diocèse, à Coire ou à Zurich: « Je n’ai jamais eu l’idée d’instrumentaliser mes tâches ou mes fonctions au sein du diocèse pour polir l’image de l’Opus Dei. » L’évêque de Coire, Mgr Vitus Huonder, l’a chargé au début avril des relations avec les corporations ecclésiastiques et les cantons du diocèse, avec le titre de vicaire épiscopal. (apic/job/mp)
Avis aux rédactions: des photos payantes de Joseph Bonnemain sont disponibles auprès de la Kipa kipa@kipa-apic.ch. 80.– francs pour la première photo 60.– francs pour les suivantes.
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