Découvrir la société israélienne et «l’autre côté»

Israël: 15 jeunes fribourgeois en échange à Jérusalem

Jérusalem, 3 mai 2011 (Apic) Depuis le 27 avril 2011, 15 élèves du collège Saint-Michel visitent Israël. L’occasion de se familiariser avec l’histoire et la culture israélienne, mais aussi de découvrir « l’autre côté », la Palestine. Début décembre 2010, les Israéliens de l’école Beit-Hinuch à Jérusalem étaient déjà venu à Fribourg.

« N’avez-vous que des questions politiques? » Avec réticence, les mains levées sont baissées. Ce sont surtout les thèmes politiques qui intéressent les élèves fribourgeois, dans leur discussion avec Moshe Gabay. Est-ce bien loyal de construire un mur entre Israël et la Cisjordanie? C’est comment de se battre dans une unité d’élite de l’armée israélienne? Pourquoi les Palestiniens reçoivent-ils moins d’eau que les Israéliens? Avec ses réponses claires, l’Israélien d’origine suisse récolte des bons points auprès des élèves. « La plupart des jeunes israéliens de votre âge ne sont pas du tout intéressé par ça », affirme Moshe. Ricanement dans l’assistance; les jeunes Suisses l’ont déjà remarqué lors de discussions avec leurs partenaires d’échange.

La discussion avec Moshe Gabay – arrivé il y a neuf ans en Israël – est le dernier point au programme du jour. Bien que la rencontre soit facultative, la majorité des élèves sont venus. Les adolescents se sont volontairement inscrits à l’échange, souligne Daniela Zunzer, initiatrice du voyage côté suisse. « Nous n’avons donc aucun problème de motivation! » L’enseignante d’histoire et géographie a bien préparé les élèves – âgé de 17 à 19 ans – et quelques-uns d’entre eux ont consacré leur travail de maturé au sujet. L’échange a eu du succès: à Fribourg, il y avait une liste d’attente et du côté israélien, l’intérêt est grand. Avant même le retour en Suisse, les initiateurs pensent retenter l’expérience l’année suivante, ou celle d’après.

Une opportunité unique

Intérêt religieux, curiosité, plaisir du voyage. Les raisons qui ont poussé les adolescents à s’inscrire sont diverses. Certains viennent avec des motivations très personnelles. Ainsi, Martina se sent proche de sa grand-mère, aujourd’hui décédée, qui lui avait beaucoup parlé de son voyage en Israël. Les participants à l’échange, suisses comme israéliens, sont d’accord sur un point: il s’agit d’une opportunité unique de connaître un pays et ses habitants. Si les jeunes israéliens trouvent que la Suisse est un pays merveilleux, les élèves de Saint-Michel sont enthousiasmés par l’accueil amical et ouvert en Israël.

Depuis 30 ans, la ville de Jérusalem soutien des projets d’échange avec la « Foundation Jerusalem ». Depuis quelques années, la Suisse fait également partie des pays partenaires. Le programme d’échange officiel donne aux élèves un aperçu complet de l’histoire d’Israël et de la société juive: visite au musée d’Israël, au Mémorial de l’holocauste, participation à une cérémonie pour les victimes de la Shoah, bain à la Mer morte et tourisme dans les fouilles du fort de Massada.

Voir aussi l’autre côté

Les trois accompagnants suisses – en plus de Daniela Zunzer, le recteur du collège Matthias Wider et sa femme – ont également organisé d’autres visites: dans le quartier musulman de la vieille ville, sur le Dôme du rocher, à Bethléem – lieu de naissance de Jésus, aujourd’hui en territoires palestiniens occupés. « Ce côté-là appartient également à la visite, estime Daniela Zunzer, et il est bon que les élèves puissent s’en faire une idée, au passage du checkpoint ». Cette enseignante de 42 ans est venue pour la première fois en Israël, il y a un an et demi, avec « l’idée erronée de repartir avec une position claire ».

Chaque soir, les élèves reviennent sur les différentes visites de la journée. Au programme ce jour-là, le jardin d’enfants de la YMCA – dans lequel de petits juifs, musulmans et chrétiens bilingues grandissent ensemble -, une promenade le long du mur à Bethléem et une visite au musée Herzl avec son impressionnant show multimédia sur l’origine du sionisme. « Chez nous, on fait peut-être trop de propagande contre Israël », affirme un élève lors de la discussion. Et d’ajouter: « En revanche, ici, les points négatifs sont, au mieux, effleurés ».

Et toujours, la Palestine

En toute franchise, il est un sujet qui divise jeunes suisses et israéliens. Chaque discussion finit sur le thème de la Palestine. D’après Besnik, jeune musulman suisse, les Israéliens ignorent tout de leurs voisins arabes et se contentent de vivre à côté. A Jérusalem, dit-il, il y a au moins la liberté de mouvement, mais le mur, « c’est violent ». Martina pense quant à elle que, côté israélien, il y a beaucoup de choses qu’on ne comprend pas. Adopter toujours la même image négative de son voisin ne mènera nulle part.

Moshe Gabay essaie de répondre. « La société israélienne est effectivement autocentrée, dit-il. Cependant, dans un pays pareil, il faut être chaque jour prêt à réviser son jugement. Ici, rien n’est ni noir, ni blanc ». (apic/ak/amc)

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