Chine: Avec la mort de Mgr Lu Shouwang, tous les sièges épiscopaux du Hubei sont vacants

Rome et la Chine devront s’entendre

Hubei, 3 mai 2011 (Apic) L’évêque «officiel» de Pékin, Mgr Joseph Li Shan, a célébré la messe de funérailles de Mgr Francis Lu Shouwang, le 3 mai 2011. Avec la mort de l’évêque de Yichang, le 30 avril à l’âge de 45 ans, la province de Hubei se retrouve sans évêque. Les cinq sièges épiscopaux «officiels» de la province sont désormais tous vacants, a indiqué Eglises d’Asie (EDA), l’agence des missions étrangères de Paris (MEP).

Né en 1966, formé au grand séminaire régional de Wuhan, Mgr Lu Shouwang avait été ordonné prêtre en 1991. Il appartenait à la minorité ethnique des Tujia, originaire des monts Wuling (ouest des provinces du Hunan et du Hubei), l’une des 55 minorités reconnues par les autorités.

Il a d’abord été curé de paroisse, puis enseignant au grand séminaire de Wuhan. En 1999, il a été appelé à la curie diocésaine par son prédécesseur, Mgr Paul Francis Zhang Mingqian. En 2007, deux ans après le décès de ce dernier, il a été ordonné évêque de Yichang. Une nomination effectuée par Rome et acceptée par les autorités chinoises.

Un double problème

Sa mort pose un double problème pour le Hubei. Premièrement, si l’Eglise du Hubei est divisée en cinq diocèses «officiels», elle en compte onze (neuf diocèses et deux préfectures apostoliques), dans les registres du Saint-Siège. En 1999, les autorités civiles ont entrepris de redécouper la carte des circonscriptions ecclésiales, afin de les faire correspondre aux circonscriptions administratives. En avril dernier, en dépit du contexte tendu créé par l’ordination épiscopale illégitime de Chendge et la tenue de la 8e Assemblée nationale des représentants catholiques, le Saint-Siège avait indiqué qu’il était ouvert à une discussion avec les évêques et les autorités chinoises, afin de redéfinir les frontières des circonscriptions ecclésiastiques. Le Hubei présente donc une illustration de la nécessité pour Rome, Pékin et les évêques de Chine de s’entendre sur les contours des diocèses.

Deuxièmement, les cinq diocèses «officiels» du Hubei se retrouvent sans évêque. Dans un communiqué daté du 14 avril 2011, la Commissions vaticane pour l’Eglise en Chine soulignait «l’urgence» de repourvoir les diocèses sans pasteurs. En 2007, dans sa «Lettre aux catholiques de Chine», le pape Benoît XVI écrivait: «Le Saint-Siège aimerait être entièrement libre de la nomination des évêques. Considérant donc le récent chemin particulier accompli par l’Eglise en Chine, je souhaite que l’on trouve un accord avec le gouvernement pour résoudre certaines questions concernant, soit le choix des candidats à l’épiscopat, soit la publication de la nomination des évêques, soit la reconnaissance – avec les effets civils dans la mesure où ils sont nécessaires – du nouvel évêque de la part des autorités civiles».

Des inquiétudes quant au choix des candidats

Avant que n’intervienne l’ordination illégitime de l’évêque de Chendge, dix évêques avaient été ordonnés avec l’accord de Rome et de Pékin, en 2010. Selon EDA, les informations disponibles font état de nombreuses ordinations en préparation dans les mois à venir, afin, justement, de réduire le nombre des sièges épiscopaux vacants.

Plus d’une dizaine de candidats à l’épiscopat ont été pressentis au sein des structures «officielles». Dans l’Eglise, l’inquiétude grandit du fait qu’au moins trois ou quatre de ces candidats ne recevraient pas l’assentiment du pape, dont le candidat pour le siège de Wuhan.

Nul doute qu’au cas où Pékin presse ces candidatures, les difficultés mises à jour par l’ordination de Chendge ne feraient que s’aggraver. (apic/eda/nd)

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