Mgr Morris aurait aimé pouvoir s’expliquer au Vatican
Toowoomba, 4 mai 2011 (Apic) Plus de 500 fidèles ont manifesté mardi soir 3 mai à Toowoomba, dans l’Etat australien du Queensland, contre la déposition par Rome de leur évêque, Mgr William Martin Morris. Selon la presse locale, ils ont bravé la pluie et le mauvais temps en signe de solidarité avec Mgr Morris, âgé de 67 ans. L’évêque a dû renoncer à son poste, qu’il occupait depuis 18 ans, en raison de ses idées jugées trop libérales. Il était depuis plusieurs années dans le collimateur de catholiques conservateurs qui l’avaient dénoncé à Rome, rapportent les médias australiens.
Mardi soir, des gens de tous âges se sont rassemblés pour une veillée aux flambeaux à Queens Park avant de marcher en silence vers la cathédrale de Saint-Patrick à Toowoomba, pour faire part de leurs regrets et de leur colère après l’annonce dimanche du retrait forcé de leur évêque.
Pour Kate Gillespie, l’une des manifestantes âgée de 23 ans, Mgr Morris était plus qu’un évêque. «C’était un leader et un visionnaire tenu dans le plus grand estime par les jeunes paroissiens (…) L’Eglise va avoir de grosses difficultés pour attirer de jeunes paroissiens maintenant que Mgr Morris est parti», rapporte mercredi 4 mai le quotidien «The Chronicle» de Toowoomba. Elle estime que cela démontre un pas en arrière de l’Eglise catholique, spécialement mal ressenti par les plus jeunes. John Elich, un autre manifestant, estime que le renvoi de Mgr Morris montre seulement comment l’Eglise a perdu le contact avec la réalité.
En 2006, dans sa lettre pastorale de l’Avent, il s’était dit engagé à promouvoir activement les vocations au sacerdoce pour les hommes célibataires et prêt à inviter des prêtres d’outre-mer. Mais il avait osé dire qu’il fallait se montrer beaucoup plus ouvert envers d’autres options pour assurer que l’eucharistie puisse être célébrée. Il avait ainsi fait des suggestions pour pallier le manque de prêtres.
Mgr Morris avait dans ce contexte relevé que des discussions étaient menées au plan international, national et local concernant notamment l’ordination d’hommes mariés choisis et approuvés par leur communauté paroissiale locale, l’accueil d’anciens prêtres, mariés ou célibataires, qui voudraient reprendre leur ministère, l’ordination de femmes, mariées ou célibataires. Il avait également mentionné la reconnaissance des ordinations de prêtres anglicans, luthériens ou de l’Eglise unifiée d’Australie (Uniting Church in Australia – UCA).
Mardi 3 mai, Mgr Morris avait précisé que sa lettre, interprétée de façon erronée par ses détracteurs, ne prenait pas partie pour ces options controversées, mais avait simplement souligné le besoin pour l’Eglise de garder l’esprit ouvert et de s’engager dans un vaste débat. Il a dit sur les ondes de la Radio ABC ne pas être en colère contre la décision vaticane, mais être «triste», notamment de ne pas avoir pu être entendu et de ne pas avoir pu exprimer sa position.
Il a parlé à ce propos de centralisme et «d’autoritarisme rampant» dans l’Eglise en ce moment, regrettant que les évêques locaux aient été de nombreuses manières «mis sur la touche». Il a défendu le contenu de sa lettre de 2006, estimant que si l’Eglise changeait sa position sur des questions comme l’ordination des femmes, il n’aurait alors pas de problème avec cette décision, tout en précisant qu’il n’agirait pas en dehors de la position officielle de l’Eglise. Il dit regretter que l’Eglise n’aime pas que l’on pose des questions, car «quand vous commencez à poser des questions, vous êtes vu comme étant un dissident».
Mgr Morris a déploré qu’on ne lui avait pas laissé la chance de se défendre contre les accusations portées contre lui, et il s’est demandé pourquoi il n’y avait pas de droit de recours pour les évêques qui mettent en question leur déposition par le Vatican. (apic/com/be)
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