Chine : La répression en cours n’épargne pas l’Eglise catholique
Hong Kong 7 mai 2011 (Apic) En Chine et plus particulièrement dans la province du Hebei, les pressions policières se sont nettement accrues depuis plusieurs mois sur tous ceux qui luttent pour la poursuite des réformes ou dénoncent les abus du pouvoir. Les chrétiens ne sont pas épargnés par cette reprise en main policière et, récemment, des prêtres catholiques en ont fait les frais, indique le bulletin «Eglises d’Asie» des Missions étrangères de Paris.
La commission ›Justice et paix’ du diocèse de Hongkong rapporte que près d’une vingtaine de membres du clergé catholique de la province du Hebei sont actuellement détenus. Emprisonnés en dehors de tout cadre légal, ils ont été, pour certains d’entre eux, torturés et tous ont eu à subir des sessions d’»éducation politique», pour les obliger à adhérer aux instances «patriotiques» qui contrôlent la partie «officielle» de l’Eglise catholique en Chine.
Le Hebei semble être l’une des provinces où les pressions sont les plus fortes. Le 8 avril dernier, le P. Joseph Chen Hailong, un prêtre catholique âgé de 29 ans, ordonné en 2009, a été interpellé par une dizaine de policiers en civil alors qu’il rendait visite à des paroissiens. Appartenant à la partie «clandestine» du diocèse de Xuanhua, il avait la charge d’un secteur paroissial des localités de Yanqing et Yongning, deux banlieues de Pékin.
Selon des sources ecclésiales locales, le P. Chen était surveillé depuis plusieurs semaines par la police qui attendait un prétexte pour l’arrêter. Emmené dans un hôtel de Yanqing, le P. Chen y a été interrogé par des fonctionnaires des Affaires religieuses avant d’être transféré vers un lieu inconnu. Sa famille ne cache pas son inquiétude, le jeune prêtre étant de santé fragile.
Dans le même diocèse de Xuanhua, des informations inquiétantes font état des mauvais traitements endurés par un autre prêtre «clandestin» de 40 ans. Le 13 janvier dernier, le P. Peter Zhang Guangjun a été arrêté par la Sécurité publique. Les sources font état de privation de sommeil qui aurait duré cinq jours et d’insultes répétées. Le prêtre a été brièvement relâché lors du Nouvel An lunaire après que sa famille eut intercédé en sa faveur et promis son retour en détention après les festivités traditionnelles. Ses proches ont dû laisser une voiture en gage le temps de son retour au domicile familial et, dès le 8 mars, le P. Zhang était de nouveau emprisonné, des témoignages rapportant qu’il était à nouveau soumis à des mauvais traitements.
Dans le diocèse de Zhengding, un prêtre placé sous l’autorité de l’évêque «clandestin» du lieu, Mgr Julius Jia Zhiguo, a été arrêté à la mi-mars. Le P. Wang Lifang a été interpellé après avoir été attiré dans un piège : appelé à venir administrer les derniers sacrements à un malade, il s’est retrouvé confronté à des policiers en civil qui l’attendaient. Là encore, son lieu de détention et les charges qui lui sont reprochées sont inconnus.
Selon des sources ecclésiastiques locales, la multiplication des arrestations dans le Hebei laisserait penser qu’une campagne a été lancée par les autorités visant à contraindre les éléments «clandestins» du clergé à rejoindre les communautés «officielles».
Toujours au sujet du Hebei, on reste sans aucune nouvelle quant au sort et à l’état de santé de deux évêques : Mgr Su Zhemin, évêque «clandestin» du diocèse de Baoding, disparu depuis son arrestation, le 8 octobre 1997, et Mgr Shi Enxiang, évêque «clandestin» du diocèse de Yixian, arrêté à Pékin le 13 avril 2001.
Eglises d’Asie ajoute que la volonté de contrôle des autorités chinoises sur l’Eglise se vérifie aussi au sein des communautés «officielles», comme en témoignent les difficultés rencontrées à propos des nominations épiscopales. (apic/eda/mp)
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