Incendie dans la chapelle
Notre-Dame du Scex, le 11 mai 2011 (Apic) Les 1400 ans de la chapelle Notre-Dame du Scex, à St-Maurice, ont été commémorés le mercredi matin 11 mai 2011. Malgré un incendie survenu durant la nuit, les festivités se sont déroulées comme prévues, avec la participation de 70 fidèles. Le chanoine Olivier Roduit a célébré la messe et présenté un livre qu’il signe et consacre à l’histoire de ce haut-lieu marial.
Une célébration festive s’est tenue à Notre-Dame du Scex, au coeur de la falaise dominant la ville de Saint-Maurice, contre le pied des Dents-du-Midi. C’est à cet endroit improbable, 135 mètres au-dessus de la plaine, qu’une septantaine de fidèles sont venus fêter les quatorze siècles d’existence de la chapelle, nullement refroidis par les 484 marches d’escalier à gravir. A cette occasion, le chanoine Olivier Roduit, historien, a présenté un petit ouvrage consacré à la chapelle, très bien documenté, joliment illustré et fraîchement sorti des presses des Editions Saint-Augustin.
Le chanoine Roduit a raconté l’histoire singulière de Saint-Amé qui, comme Nicodème, a accepté de quitter ses repères et d’être déstabilisé. Après trente ans de vie au monastère d’Agaune, le moine Amtus, ou Amé (« Aimé » de Dieu), quitta secrètement sa communauté pour se rendre, par un fol itinéraire escarpé, au milieu de la falaise, « caché des hommes mais offert au regard de Dieu ». Il a demeuré là trois ans, à pleurer ses fautes et servir Dieu, premier d’une liste d’ermites dont le dernier en date a été le Père Nicolas Buttet.
Il est difficile pour un historien de lâcher son bébé dans le monde. Malgré toute l’érudition consentie, le temps qui passe risque parfois de contrarier certains propos. Le chanoine Roduit annonçait onze restaurations de la chapelle, mais il en faut, hélas, déjà prévoir une douzième, car les festivités ont été marquées par un malheureux incident. Un incendie, peut-être accidentel, s’est déclaré durant la nuit de mardi à mercredi, calcinant une petite partie du mur intérieur de la chapelle, près de l’entrée, au-dessus des lumignons. L’odeur âcre et la suie répandue sur les bancs ont empêché les organisateurs de célébrer à l’intérieur de la chapelle, si bien que la cérémonie s’est tenue sous la toiture de l’entrée. Un petit orchestre composé d’amis congolais, des futurs chanoines retournant fonder dans leur pays une communauté à vocation mariale, a eu tôt fait de réchauffer les coeurs.
Suite à la présentation de l’ouvrage historique du chanoine Roduit, le Père Nicolas Buttet, fondateur de la communauté d’Eucharistein à Epinassey, a témoigné de ses cinq années vécues en Scex (littéralement « sur le rocher »), dans son « château », comme il appelle cette modeste cabane lui servant d’ermitage. Si l’essentiel se trouve dans le secret des coeurs des pèlerins, l’on s’étonne des nombreuses histoires de rencontres que l’ancien ermite raconte. Il en a vu du monde dans sa solitude! Par exemple cet homme marié, parti avec une « entraîneuse », qui s’est souvenu de son engagement en voyant la lumière de la chapelle dans la nuit. Voilà qu’il a ramené la dame et est venu frapper au volet de l’ermite, à 4h00 le matin. Les visites s’enchaînaient ainsi, à longueur de journée, avec des jeunes, beaucoup de jeunes, de ceux qui se sont perdus dans la misère et les drogues et d’autres en quête de sens et de prière. Nicolas Buttet a même reçu tout un monde, vingt-cinq personnes, dans son 9m2, pour partager une fondue. Afin de tous les accueillir, il avait fallu suspendre des baudriers au plafond.
Que de passages, que de bruit sur ce rocher! Et c’est sans parler des manoeuvres des locomotives de la gare de Saint-Maurice et des terrains de football juste en dessous. Les bruits montent et frappent la falaise. Nicolas Buttet précise qu’être ermite à Notre-Dame du Scex ce n’est pas fuir le monde, mais le porter dans la prière, l’accompagner en quelque sorte. Mais avec toute cette agitation, il lui fallut toutefois se consacrer à la prière la nuit, trois fois par semaine, une fois le calme retrouvé.
De cette expérience, de ces rencontres, allait naître la communauté Eucharistein. Un soir, une neuvaine priée à Saint François de Sales, et voilà presque aussitôt l’oncle d’un jeune qui lègue une vieille ferme à Epinassey. Le Père Nicolas Buttet s’exclame en rigolant: « On est des franciscains, mais on n’avait pas le temps d’attendre la fête de Saint François d’Assise, en octobre! »
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