Rome: Publication d’une «Instruction» pour faciliter la célébration de la messe tridentine
Rome, 13 mai 2011 (Apic) Le Vatican a publié, le 13 mai 2011, une Instruction précisant l’application du motu proprio «Summorum Pontificum» de Benoît XVI (2007), facilitant la célébration de la messe d’avant la réforme liturgique de 1970. L’»Instruction Universae Ecclesiae» demande de réserver un «accueil généreux» aux fidèles de la messe traditionnelle et encourage les évêques à assurer une formation adéquate dans les séminaires.
Le 7 juillet 2007, par le motu proprio «Summorum Pontificum», Benoît XVI libéralisait l’usage de la liturgie en vigueur avant Vatican II. Le missel de saint Pie V devenait celui de Jean XXIII et la liturgie tridentine, la «forme extraordinaire du rite romain» (le missel de Paul VI devenant la «forme ordinaire»). Approuvée par le pape et la Commission pontificale Ecclesia Dei, l’»Instruction Universae Ecclesiae» rappelle que le texte de 2007 entendait favoriser la «réconciliation» au sein même de l’Eglise.
L’Instruction de 6 pages, portant la date du 30 avril, fête de saint Pie V, demande aux curés, recteurs ou prêtres responsables d’une église de réserver un «accueil généreux» aux prêtres et aux fidèles, qui souhaiterait célébrer la liturgie selon l’usage ancien. Elle précise aussi certains points peu clairs du motu proprio, comme la définition du «groupe stable de fidèles». Celui-ci n’est plus «un groupe de fidèles attachés de façon stable aux anciennes traditions liturgiques», mais un groupe «constitué de personnes issues d’une paroisse donnée qui, même après la publication du motu proprio se sont réunies à cause de leur vénération pour la liturgie célébrée selon l’usage ancien».
Au risque de décevoir les attentes des groupes traditionalistes, l’Instruction vaticane ne précise pas le nombre de personnes nécessaires pour constituer un «groupe stable». La décision revient à la «sage évaluation des pasteurs», précise une note du directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le Père Lombardi, publiée parallèlement. Les membres de ces groupes constitués peuvent provenir de différentes paroisses voire de différents diocèses.
«Universae Ecclesiae» rappelle en outre que la Commission Ecclesia Dei tranchera en cas de controverses sur la célébration dans la «forme extraordinaire» de la messe. Cette commission s’occupera aussi d’une éventuelle édition des textes liturgiques pour cette forme du rite romain, avec l’approbation de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.
Par ailleurs, selon le Père Lombardi, ce nouveau document précise que les fidèles qui demandent la célébration de la forme extraordinaire ne doivent jamais «venir en aide ou appartenir à des groupes qui nient la validité ou la légitimité de la forme ordinaire ou qui s’opposent au pontife romain comme pasteur suprême de l’Eglise universelle». Selon le Père jésuite, une telle éventualité serait en contradiction manifeste avec la finalité ultime du motu proprio lui-même, à savoir la «réconciliation» au sein de l’Eglise, cette dernière ne devant pas être empêchée ou freinée, mais favorisée et atteinte.
Un message direct à la Fraternité Saint-Pie-X et à ses fidèles, mais aussi à tous ceux qui, même au sein de l’Eglise catholique, contestent de fait la légitimité du Missel de Paul VI.
Les compétences nécessaires pour qu’un prêtre soit jugé «idoine» pour célébrer dans la forme extraordinaire sont aussi recensées. Ce dernier ne doit pas avoir d’empêchement d’un point de vue canonique et doit suffisamment bien connaître le latin et le rite à célébrer. Le document pontifical encourage donc les évêques à permettre, dans les séminaires, une formation convenable à cette fin, mais aussi à recourir, à la collaboration des prêtres des Instituts érigés par la commission Ecclesia Dei.
Le texte, envoyé une semaine avant sa publication aux évêques du monde entier, prévoit aussi la possibilité d’utiliser la langue locale pour les lectures, en complément de la langue latine, ou aussi comme alternative dans les «Messes lues».
Finalement, cette Instruction entend garantir «la légitimité et l’effectivité d’un usage serein de la liturgie précédant la réforme liturgique, qui a suivi le Concile Vatican II (1962-1965)», a indiqué le Père Lombardi. Ceci, pour «le bien spirituel de ceux qui y ont recours, tout en s’en remettant à la sagesse pastorale des évêques et à l’esprit de communion ecclésiale qui doit être présent chez tous».
Lors d’une conférence de presse, le Père jésuite a précisé que les deux formes de la liturgie romaine n’étaient pas concurrentes. «Il ne doit y avoir aucune polémique, aucune attitude critique de la part de ceux qui demandent de pouvoir célébrer selon la forme extraordinaire», a-t-il déclaré. Et de conclure que ces derniers ne doivent pas faire l’objet de marginalisation. (apic/imedia/cp/ami/nd)
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