Chine: Election du candidat à l’épiscopat pour le diocèse de Shantou

Bientôt deux évêques sur le siège épiscopal?

Shantou, 14 mai 2011 (Apic) L’élection du candidat à l’épiscopat pour le diocèse de Shantou, en Chine, s’est tenu le 11 mai 2011. Sans surprise, le candidat du gouvernement, le Père Joseph Huang Bingzhang, a été choisi par l’assemblée. D’autres élections sont prévues dans toute la Chine, avivant les tensions entre Pékin et le Saint-Siège, indique Eglises d’Asie, l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris (MEP).

Dans le cadre des structures «officielles» de l’Eglise catholique en Chine, le mode de désignation des candidats à l’épiscopat est celui de l’élection, formule non reconnue par le Saint-Siège. Au sein du diocèse dont le siège épiscopal est à pourvoir, les prêtres, certaines religieuses et certains responsables laïques sont appelés à voter pour désigner le candidat qui sera ensuite proposé à l’épiscopat. Les élections sont le plus souvent «arrangées», afin d’assurer la victoire du candidat du gouvernement.

Un choix forcé

Lors de l’élection du Père Huang, une seule candidature était proposée aux votants. Elu par 66 voix pour, 3 voix contre et 3 abstentions, le candidat du gouvernement bénéficie d’une large majorité. Les représentants catholiques – 15 prêtres, 5 religieuses, 2 séminaristes pour 50 laïcs – ont fait état de fortes pressions. «Nous avons été escortés par des officiers de la Sécurité publique jusqu’au lieu du scrutin», rapporte un prêtre, alors qu’un autre homme d’Eglise avoue avoir voté «contre sa conscience pour ne pas mettre en danger ses proches».

Les autorités régionales comptent probablement organiser prochainement l’ordination du prêtre. Shantou n’est pourtant pas un siège épiscopal vacant. En 2006, le pape a en effet nommé évêque de Shantou un des doyens du presbyterium local, le Père Zhuang Jianjian. L’évêque n’est reconnu par les autorités locales que comme «prêtre officiel». Mgr Zhuang, dont la surveillance policière a été renforcée, n’a pas pris part au vote du 11 mai.

Né en 1967, entré au séminaire en 1985, ordonné prêtre en 1991, le Père Huang passe pour être «ambitieux» et «aimant le pouvoir». Curé de la cathédrale Saint-Joseph, il a été choisi en 1998 pour entrer comme député à l’Assemblée nationale populaire – où il siège toujours et effectue son troisième mandat. Il est aussi président de l’Association patriotique du Guangdong et, en décembre dernier à Pékin, il a été élu pour être l’un des vice-présidents de l’Association patriotique au plan national.

12 ordinations épiscopales en vue

D’autres élections sont en train d’être organisées en Chine, pour pourvoir les sièges épiscopaux vacants. Une douzaine d’ordinations épiscopales sont également en préparation. Si certaines ont reçu l’assentiment de Rome, il est probable que le Saint-Siège ne les reconnaîtra pas toutes. Beaucoup s’interrogent sur la stratégie actuelle de Pékin qui choisit des candidats à l’épiscopat inacceptables pour le Vatican.

Le 1er avril 2011, le secrétaire de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, Mgr Savio Hon Tai-fai, s’interrogeait dans une interview accordée au quotidien «L’Avvenire» sur la «véritable envie de Pékin de trouver un accord avec le Saint-Siège.» (apic/eda/amc)

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