Une cérémonie de béatification explosive
Rome, 20 mai 2011 (Apic) Le Vatican a démenti tout incident diplomatique avec le président de la Commission européenne, lors de la messe de béatification de Jean Paul II, le 1er mai dernier. Le directeur du bureau de presse du Saint-Siège a ainsi réagi le même jour à un article paru le 20 mai 2011, dans le quotidien italien «Corriere della Sera», affirmant que José Manuel Barroso avait été contrarié de ne pas saluer le pape, en même temps que les autres chefs d’Etat et de gouvernement. La cérémonie a aussi provoqué la colère de la délégation serbe, a révélé l’agence vaticane I.MEDIA.
Dans un communiqué daté du 20 mai, le Père Federico Lombardi a précisé que Benoît XVI avait salué les chefs d’Etat et de gouvernement, parmi lesquels Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, mais pas José Manuel Barroso. Considéré comme le représentant des institutions de l’Union européenne (UE), Herman Van Rompuy se trouvait ainsi dans une position identique à celle de nombreux chefs de gouvernement, a indiqué le Père Lombardi. Le Vatican a également fait savoir que la délégation de l’UE auprès du Saint-Siège avait été préalablement informée de ce choix protocolaire.
Selon I.MEDIA, le protocole du Saint-Siège avait initialement indiqué que le pape saluerait uniquement les rois et les chefs d’Etat. Par ailleurs, José Manuel Barroso n’aurait pas été correctement informé du protocole ad hoc. Depuis le Traité de Lisbonne (2007), l’ordre protocolaire est le suivant: président du Conseil européen, président du Parlement européen, président de la Commission européenne.
Le monde diplomatique s’est aussi étonné que certains princes à la tête de petits Etats précèdent les leaders politiques européens ou encore des honneurs rendus à Robert Mugabe, président du Zimbabwe, interdit de voyage dans l’UE.
Selon I.MEDIA, un autre incident diplomatique a éclaté lors de la béatification. L’ambassadeur de Serbie auprès du Saint-Siège, Vladeta Jankovic, chef de la délégation de son pays, a quitté la cérémonie à l’arrivée du premier ministre kosovar, Hashim Thaçi. La venue de ce dernier n’avait pas été annoncée par le Saint-Siège. Reste que Hashim Thaçi n’a pas été invité à saluer Benoît XVI au terme de la messe.
Pour toute excuse, le Saint-Siège a expliqué au diplomate serbe que la présence du premier ministre du Kosovo ne signifiait pas une reconnaissance diplomatique de son pays, indépendant depuis février 2008. Les autorités serbes s’étaient déjà inquiétées, en février dernier, lorsque le nonce apostolique en Slovénie, le Polonais Mgr Juliusz Janusz, était devenu en même temps le premier délégué apostolique au Kosovo. Le Saint-Siège avait alors précisé que la mission d’un délégué apostolique n’était pas de nature diplomatique. (apic/imedia/ami/nd)
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