«On m’évite comme le diable évite l’eau bénite»

Valais: L’enseignant libre penseur licencié dépose plainte pour déni de justice

Sion, 23 mai 2011 (Apic) L’enseignant et libre penseur haut-valaisan Valentin Abgottspon n’a toujours pas retrouvé de place de travail, huit mois après son licenciement de l’école secondaire de Stalden. Le professeur avait été renvoyé pour avoir refusé de remettre dans sa classe le crucifix qu’il avait enlevé. « L’école publique valaisanne m’évite, comme le diable évite l’eau bénite » a-t-il expliqué au journal dominical « NZZ am Sonntag ».

La question de savoir si la commission scolaire du cycle d’orientation de Stalden avait juridiquement le droit de licencier l’enseignant avec effet immédiat n’est pas encore tranchée. Sans cette décision, M. Abgottspon n’a aucune chance de retrouver une place d’enseignant dans le canton du Valais, relève son avocat Peter Volken.

L’examen de la légalité du licenciement revient au Conseil d’Etat valaisan. Selon le journal alémanique, le gouvernement est en possession des documents depuis le mois de février, mais ne semble pas disposé à empoigner la question du licenciement d’un enseignant « qui exige la séparation de l’école et de la religion ».

Entre-temps l’enseignant, qui préside l’association des libres-penseurs du Valais, a déposé auprès du tribunal cantonal une plainte pour déni de justice contre le Conseil d’Etat.

La reconnaissance des symboles chrétiens

L’affaire du crucifix de Stalden a réveillé le débat en Suisse. Le 20 mai, La Commission des institutions politiques (CIP) du Conseil national s’est prononcée du bout des lèvres, pour un statut spécial accordé aux symboles chrétiens. La CIP a donné suite à une initiative parlementaire de la conseillère nationale Ida Glanzmann (PDC/LU), visant à inscrire dans la Constitution l’autorisation des « symboles de l’Occident chrétien » dans l’espace public.

Ida Glanzman estime qu’il est nécessaire d’élaborer une nouvelle base constitutionnelle, afin de « préserver la tradition chrétienne de la Suisse et les symboles qui y sont liés, tels que la croix sous toutes ses formes ou la crèche ». Il s’agit aussi d’empêcher que des particuliers ou des groupes d’intérêt prennent prétexte de droits fondamentaux, tels que la liberté de conscience et de croyance, pour remettre en cause la culture fondamentalement chrétienne du pays. L’initiative Glanzman devra encore être approuvée par la commission du Conseil des Etats, avant d’être mise en œuvre. (apic/job/mp)

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