Lausanne: Trente-deux lieux de culte se sont ouverts pour la Nuit des Eglises
Lausanne, 29 mai 2011 (Apic) Après 2008, Lausanne organisait pour la seconde fois la Nuit des Eglises. Et quelle organisation! Trente-deux lieux de culte avec souvent plusieurs animations, théâtre, musique, exposition, réflexion et prières se sont ouverts dans la nuit du 27 au 28 mai.
Le pasteur Guy Dottrens, coordinateur de la manifestation, précise qu’il a fallu deux ans de préparatifs pour quelque deux-cents bénévoles de toutes les Eglises chrétiennes. «C’était un plaisir de travailler avec des orthodoxes, des adventistes, des anglicans, des évangélistes, des catholiques et des réformés», se réjouit le pasteur Dottrens.
«C’est le guet… il a sonné sept… début de la nuit des Eglises… Amour et paix», crie Jean-Marc Richard du haut du beffroi de la cathédrale. Il a une voix puissante et l’entraînement adéquat, puisque l’animateur radio n’en est pas à son coup d’essai. Dans les années quatre-vingt, il officiait en tant que remplaçant du guet et a même dormi dans la loge exiguë, encastrée entre les deux énormes cloches Marie-Madeleine et Clémence (pas loin de dix tonnes à elles deux).
A chaque heure, de 19h à 2h, des personnalités romandes comme le journaliste Philippe Dubath ou l’humoriste Daniel Rausis se succèdent au sommet de la tour. Ils accomplissent ce devoir ancestral du guetteur, chargé d’observer à la ronde les menaces d’incendies et autres dangers à l’encontre de la cité. Aujourd’hui encore, la ville de Lausanne perpétue cette tradition avec un guet titulaire, Renato Häusler, épaulé de cinq remplaçants. Le municipal lausannois Oscar Tosato assure que cette heureuse tradition ne va pas s’éteindre de sitôt. Lausanne organisera même en 2012, pour l’Ascension, une rencontre européenne des guets, véritable «Guet Pride» devant rassembler soixante professionnels de la criée! Le rendez-vous est pris.
De l’autre côté de la place Riponne, à la basilique Notre-Dame, certains jurent que Philippe Dubath avait un tantinet plus de coffre que Jean-Marc Richard. Peu importe, ici l’on écoute le chœur de la basilique sous la direction de Pascal Pilloud. Toutes les attitudes sont observables: Les mélomanes, les curieux de passage et cette jeune femme à genoux, qui prie. Eh oui, les églises servent aussi à ça! La paroisse propose d’ailleurs des temps d’adoration, de prière du chapelet, et une exposition – finalement assez insolite – d’objets liturgiques. A relever la chasuble de couleur rose, portée deux fois l’an, au milieu de l’Avent et du Carême, qui, de presque totalement oubliée, fait son grand retour à la mode.
A la cathédrale, les visites guidées s’enchaînent: le verre, le bois, la pierre, la chair… et le souffle! Celui des grandes orgues, instrument unique au monde, prouesse technologique et musicale, monstre gigantesque de 7’000 tuyaux qui, aperçu de l’allée centrale, semble flotter sur une aura de lumière. Grâce à l’organiste Jean-Christophe Geiser, l’instrument s’est laissé découvrir dans sa douceur comme dans sa majesté, jusque dans ses entrailles ouvertes à la curiosité des spectateurs.
Ma foi, il nous faut tout de même relever une frustration, celle de ne pouvoir tout visiter en une soirée. On se prête à rêver aux prochaines Nuits des Eglises, sur trois jours – ou plutôt trois nuits, du jeudi au dimanche – et sur l’ensemble de la Suisse romande!
L’e visiteur appréciant les délicatesses trouvera encore, aux Editions Ouverture, un petit ouvrage amoureux du Christ et des cloches de la cathédrale de Lausanne. Il est le fruit de la plume légère et enjouée du Pasteur Alain Burnand, qui dédicaçait son œuvre (*) aux chanceux se trouvant de bonne heure à la cathédrale.
(*) Alain Burnand, Les cloches de Sa renommée, Editions Ouverture, Le Mont-sur-Lausanne, 2011.
(apic/pf/bb)
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