Les pays d’Asie demandent de meilleures conditions de travail
Genève, 4 juin 2011 (Apic) L’adoption de nouvelles normes internationales pour les travailleurs domestiques est un des points de l’ordre du jour de la 100e session de la Conférence internationale du travail (OIT) réunie du 1er au 17 juin 2011 à Genève. Des parlementaires issus de cinq pays d’Asie ont lancé un appel afin de garantir aux employées de maison des conditions de travail respectueuses de leur dignité humaine.
Depuis plusieurs décennies maintenant, certains pays d’Asie exportent en masse leur main d’œuvre, notamment féminine, et une partie de ces migrants trouvent du travail à l’étranger en tant qu’employées de maison. Les Philippines sont connues pour cela depuis près de cinquante ans, mais plus récemment, d’autres pays ont fait de même. Il n’est pas rare qu’en Asie, au Moyen-Orient ou même dans les pays occidentaux, les employés de maison soient originaires des Philippines, d’Indonésie, du Sri Lanka, du Cambodge ou du Bangladesh.
Plus encore que dans d’autres secteurs, les employés de maison bénéficient d’une protection légale très faible et on très peu de moyens de se défendre contre les employeurs abusifs. Le fait qu’il s’agisse le plus souvent de femmes ou de jeunes filles aggrave encore leur précarité.
« Les employées de maison font face à des conditions de travail souvent inhumaines. Il est indispensable que nous trouvions le moyen de coordonner nos efforts pour leur venir en aide », plaide Walden Bello, député à la Chambre des représentants des Philippines. Sociologue réputé, pourfendeur de la mondialisation économique et financière, Walden Bello estime que seule une mobilisation internationale peut contribuer à améliorer le sort fait aux employées de maison qui seraient 100 millions à travers le monde.
Le cas le plus général, a expliqué le député philippin, est que les code du travail du pays d’accueil méconnaît le statut d’employé de maison, voire les exclut des dispositions communes. C’est ainsi que, dans plusieurs pays, les employés de maison n’ont pas le droit de se syndiquer ou d’adhérer à des organisations de migrants.
Aux Philippines, le gouvernement continue d’encourager l’émigration. Pour la seule année 2010, 800 000 personnes sont parties à l’étranger pour trouver du travail. Les femmes sont majoritaires et sont souvent embauchées comme employées de maison dans les pays du Moyen-Orient, à Hongkong, à Singapour et ailleurs. Sans même parler de celles qui travaillent dans des conditions assimilables à de l’esclavage ou qui font l’objet d’agressions sexuelles, ces femmes sont souvent sujettes aux travaux dits des « trois D » ›dangereux, dégoûtant, dégradant’.
Face à un phénomène mondialisé, la réponse ne peut être qu’internationale, insiste le député Bello. C’est pourquoi des parlementaires des Philippines, d’Indonésie, du Sri Lanka, du Cambodge ou du Bangladesh ont pris l’initiative de s’adresser à l’Organisation internationale du travail et à l’ASEAN (Association des Nations du Sud-Est asiatique). Pour l’Indonésienne Eva Kusuma Sundari, parlementaire, membre du Parti démocratique indonésien de lutte (PDI-P), il est grand temps que les pays de l’ASEAN, d’où proviennent la plus grande part des employées de maison, se mobilisent pour leur venir en aide.
Par ailleurs, Migrante International, une ONG de soutien aux Philippins expatriés, s’inquiète du sort des employés qui se trouvent bloqués dans les pays du Moyen-Orient en crise. A Bahreïn vivent 31’000 Philippins; en Syrie, ils sont 17’000 ; au Yémen 1’400. En Libye, où, selon les chiffres du gouvernement philippin, ils étaient 26’000 avant le début de l’insurrection, 14’000 seraient toujours sur place. (apic/eda/mp)
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