Cacher la tête, les coudes et les genoux?

Etats-Unis: Le «costume» de l’haltérophile pourrait être adapté pour les musulmanes

Washington, 10 juin 2011 (Apic) La Fédération internationale d’haltérophilie (IWF) pourrait revoir prochainement son règlement vestimentaire, a indiqué la chaîne d’information américaine CNN le 9 juin 2011. A l’origine du débat, Kulsoom Abdullah, haltérophile amateur, américaine et musulmane.

Kulsoom Abdullah est une jeune femme de 35 ans, avec un doctorat en informatique. Sa passion, c’est l’haltérophilie. Si la sportive n’est pas une athlète olympique, elle peut cependant lever jusqu’à deux fois son poids et aimerait participer à des tournois officiels. Mais voilà, Kulsoom Abdullah veut garder son corps couvert entièrement, à l’exception des mains et du visage. «C’est ce en quoi je crois. C’est ce que j’ai choisi de faire. Je me suis toujours habillée de cette façon en public», a-t-elle confié à CNN.

Or, aux Etats-Unis, la discipline est soumises aux règles de la Fédération internationale d’haltérophilie: les «costumes» doivent être sans col et ne doivent couvrir ni les coudes, ni les genoux. D’après Mark Jones, porte-parole du comité olympique des Etats-Unis (USOC), il s’agit pour les juges de voir si les coudes et genoux sont verrouillés.

Contacté par le Conseil sur les relations américano-islamique (CAIR), un groupe basé à Washington et défendant les musulmans, l’USOC a accepté de plaider la cause de Kulsoom Abdullah auprès de l’IWF. La Fédération internationale d’haltérophilie abordera donc le sujet lors de sa prochaine rencontre, fin juin en Malaisie. S’il n’y a aucune assurance que l’IWF statue en faveur de la musulmane, cette dernière se réjouit déjà d’avoir lancé le débat: «Je dois essayer au moins, si ce n’est pour moi, peut-être pour d’autres femmes qui – si elles ont ma foi ou une autre – s’habillent de manière spécifique».

Pas de voile sur gazon

Le cas de Kulsoom Abdullah n’est pas isolé. De nombreuses fédérations sportives ont déjà dû faire face à de telles questions et ont, parfois, décidé que permettre des habillements spécifiques allait à l’encontre de l’équité et de l’égalité entre les sportifs.

Le 3 juin à Amman, les vêtements de l’équipe de football féminine iranienne ont créé le débat. Selon la chaîne française TF1, le délégué de la Fédération internationale de Football (FIFA) a refusé de laisser disputer le match de qualification aux jeux olympiques, donnant la victoire sur tapis verts (3-0) à l’équipe jordanienne. Motif de la décision: les jeunes femmes portaient un voile.

«Nous allons déposer une plainte auprès de la Fédération internationale de football», a déclaré le président de la Fédération iranienne. «La raison pour laquelle l’officiel bahreïni a empêché les joueuses iraniennes de jouer n’est pas clair». Selon le journal jordanien «Al-Dostour», les arbitres ont envoyé un rapport à la FIFA indiquant qu’ils ont constaté des violations graves des règles de la fédération internationale avec les foulards des joueuses iraniennes. Des amendes sévères attendent l’équipe iranienne. (apic/cnn/tf1/amc)

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