Il fait écho à l’appel des jésuites syriens à rejeter la violence

Syrie: Pour le Père Lombardi, en Syrie la violence «semble sans issue»

Rome, 12 juin 2011 (Apic) Les événements sanglants qui se déroulent actuellement en Syrie sont «particulièrement préoccupants» à cause de la persistance de la violence «qui semble sans issue». C’est ce qu’a confié, le 11 juin 2011, le Père Federico Lombardi, dans son éditorial pour «Octava Dies», l’hebdomadaire d’information du Centre de télévision du Vatican (CTV).

Alors que la contestation populaire du régime du président syrien Bachar al-Assad fait face à une répression sanglante, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a rappelé que l’unité nationale était la «condition de vie» pour les chrétiens syriens. Ces derniers doivent et souhaitent «être des ponts actifs pour un dialogue national authentique et sérieux». Le P. Lombardi fait écho au récent appel des jésuites syriens à rejeter la violence.

La Syrie est «une belle et vivante mosaïque»

Les jésuites syriens ont publié le 3 juin un important document, qui rappelle que pour les chrétiens, l’unité nationale est le garant de leur existence même, et la perte de cette unité serait «une menace de disparition, de durcissement et d’effritement». «C’est pourquoi, nous entendons jouer le rôle qui nous permettra de renforcer l’unité nationale, en réactivant les valeurs qui sont essentielles à nos yeux», écrivent-ils. Pour les jésuites syriens, la Syrie est «une belle et vivante mosaïque», «le pays des multiples civilisations» qui se sont succédées sur cette terre et en ont enrichi le patrimoine. «Une grande partie de cette richesse provient de la communication et de l’harmonie entre des personnes de culture, de religion et de spiritualité différentes», écrivent-ils.

«Ensemble, ces personnes ont constitué une unité dont nous sommes fiers et à laquelle nous tenons, ce qui nous fait porter une grande responsabilité pour préserver cet héritage grandiose».

Le danger d’une guerre confessionnelle

«Depuis quelques mois, surgissent dans notre pays, comme dans la plupart des pays arabes, des revendications de réformes des structures politiques et sociales. Ces réformes visent à conforter l’état de droit et la conscience citoyenne, dans le respect des libertés individuelles. De telles revendications sont un droit légitime et reconnu pour tous, permettant à chaque citoyen d’être un acteur de la transformation de cette société. Malheureusement, c’est la confusion qui a pris le dessus, ouvrant la voie à la violence. Le refus de l’autre, comme nous le savons tous, est la cause principale de la violence qui appelle à son tour une autre violence. Nous observons en ce moment des tentatives visant à fomenter des troubles et une guerre confessionnelle qui mèneraient à l’effritement de notre société».

«Face à ces évènements sanglants dont l’intensité, la dureté et la violence augmentent de semaine en semaine, et qui font des victimes innocentes, nous ne pouvons que pousser un cri d’appel à la conscience de nos concitoyens, quelle que soit leur appartenance.

Mise en garde face au rejet d’une partie de la population contre une autre

Rappelant que les mutations à l’œuvre dans le monde arabe, et les troubles actuels qui en ont résulté dans la société syrienne, sont «porteurs d’une espérance nouvelle qu’il faut prendre en considération» et qui se caractérise en tout premier lieu par la liberté d’expression et la liberté d’opinion, ainsi que par la recherche commune de la vérité, les jésuites syriens déclarent que les réformes sociales et politiques sont devenues «une nécessité pressante que nul n’a le droit d’ignorer».

Mais ils mettent en garde: «la véritable paix nationale ne peut pas se construire par le rejet d’une partie de la population contre une autre; elle suppose tout au contraire une véritable vie en commun. Cette vie n’est pas possible dans la perception négative de la présence de l’autre, dans une simple ’existence côte à côte’; elle requiert une véritable convivialité où chaque membre a un rôle efficace dans la société».

Les jésuites de Syrie invitent toutes les parties à rejeter la violence. «Cette option pour la non-violence ne provient pas d’un sentiment de peur ou de faiblesse, écrivent-ils, mais elle est l’expression d’un principe évangélique essentiel et un élément constitutif de notre vie humaine et de notre foi. (…) Nous refusons d’entrer dans le cercle vicieux qui engendre la peur de l’autre et étouffe toutes les bonnes intentions qui cherchent à édifier la patrie». (apic/imedia/jes/be)

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