Suisse: Mgr Brunner rejette l’initiative populaire pour l’accès des femmes au sacerdoce

Pas de la compétence des instances de droit ecclésiastique

Bâle, 12 juin 2011 (Apic) Alors qu’a débuté le 12 juin, dimanche de Pentecôte, dans les cantons de Bâle-Ville et Bâle-Campagne, la récolte de signatures pour l’initiative populaire «pour une prêtrise catholique ouverte aux femmes et aux homosexuels», Mgr Norbert Brunner rappelle qu’en ce qui concerne les questions relatives au ministère du prêtre, les instances de droit ecclésiastique – notamment les corporation ecclésiastique cantonales – ne sont pas compétentes.

Le président de la Conférence des évêques suisses (CES) a relevé dans une interview accordée à la rédactrice du journal «Der Sonntag» Nadja Pastega – et publiée samedi soir 11 juin sur son site internet (www.sonntagonline.ch) -, que ces instances de droit ecclésiastique sont en charge de l’administration et des finances. Par contre, souligne l’évêque de Sion, les questions de foi et de mœurs sont du ressort du magistère de l’Eglise, à savoir le pape et les évêques. Ils sont dans cette tâche secondés par la recherche théologique et les conseils diocésains.

Des questions relevant du magistère de l’Eglise

Mgr Brunner estime que l’on ne peut tout simplement pas ancrer une telle mise sur un pied d’égalité (pour l’accès au sacerdoce, ndr) dans une constitution de droit ecclésiastique. Le pape Jean Paul II avait déclaré que l’Eglise n’avait en aucune manière le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale à des femmes. Certes, a-t-il relevé, cette déclaration n’est pas un dogme, mais elle a dans l’Eglise une très haute importance.

Le président de la CES fonde l’attitude de l’Eglise en matière d’accès des femmes au sacerdoce par le fait que Jésus n’avait appelé que des hommes dans le collège des apôtres, bien que des femmes fissent partie de son cercle de disciples le plus proche.

L’accès au sacerdoce également pour les personnes homosexuelles

Deux comités d’initiative bâlois veulent obliger les autorités de l’Eglise catholique à ouvrir la prêtrise aux femmes et à abolir la règle du célibat. Mais les initiants réclament également l’accès à la prêtrise pour les personnes homosexuelles, selon la conseillère nationale bâloise Anita Lachenmeier-Thüring, du parti des Verts de Bâle-Ville.

Selon le démocrate-chrétien Oswald Inglin, membre du Grand conseil bâlois et ancien président du Synode de l’église catholique romaine de Bâle-Ville, les prêtres homosexuels ne constituent pas un problème. A ses yeux, «il n’y a pas d’obstacles pour l’ordination sacerdotale d’hommes homosexuels et de femmes lesbiennes». Et d’affirmer que dans l’Eglise catholique, il y a «de nombreux prêtres homosexuels qui ont une relation».

De l’avis d’une des initiatrices de cette récolte de signatures, Anne Peters – également membre du parti démocrate-chrétien (PDC) et professeure de droit à l’Université de Bâle -, il doit y avoir une égalité réelle devant le sacerdoce: «Je suis pour l’accès à la prêtrise indépendamment de toute considération de genre ou d’orientation sexuelle». Mgr Brunner rappelle à ce propos l’enseignement de l’Eglise sur la sexualité, vécue «dans sa forme idéale dans une relation durable entre un homme et une femme, c’est-à-dire dans le mariage». Toutes les autres formes ne correspondent pas à cet idéal, conclut-il.

Les deux comités d’initiative, comptant 33 personnes à Bâle-Ville et Bâle-Campagne, comprennent plusieurs anciens membres des autorités des Eglises cantonales, des juristes et des professeurs de l’Université de Bâle. (apic/bal/be)

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