Suisse: Une exposition « décalée » au Musée de la Réforme
Genève, 15 juin 2011 (Apic) À côté des multiples ouvrages « sérieux » publiés en 2009 à l’occasion du 500ème anniversaire de la naissance du Réformateur Jean Calvin, le photographe Nicolas Righetti et le journaliste Pierre Grosjean ont élaboré un livre racontant leurs rencontres, sur les cinq continents, avec des personnes portant le nom ou le prénom de Calvin. Leur travail fait l’objet d’une exposition au Musée International de la Réforme, sous le titre « Ils s’appellent tous Calvin ».
Pour trouver Jean Calvin Mbaga, les auteurs ont dû rouler pendant des heures sur une piste du Cameroun, avant d’être arrêtés par le fleuve Nyong. Or ce Calvin-là vivait sur l’autre rive et l’unique moyen de traverser le large cours d’eau était une étroite pirogue. N’osant se risquer – et risquer leur matériel photographique – sur ce frêle esquif, Nicolas Righetti et Pierre Grosjean lui ont demandé de les rejoindre. L’agriculteur, né en 1930, est arrivé en chemise blanche et cravate et leur a appris que son frère jumeau s’appelait Luther. « Nous devons ces prénoms à un Suisse qui enseignait à l’école normale presbytérienne », leur dit-il.
Nicolas Righetti et Pierre Grosjean ont commencé leur périple à Rio de Janeiro où, au milieu du XVIème siècle, un émissaire de Calvin a été chargé de collaborer à l’établissement d’un refuge pour les protestants persécutés. Il s’appelait Jean de Léry et il est entré en relation étroite avec les indigènes du lieu, observant et se faisant expliquer leurs us et coutumes. De retour à Genève, il en tira un livre fameux, qui lui vaut d’être considéré comme le précurseur de l’ethnologie. Cependant, l’un des Calvin rencontrés à Rio n’a pas été baptisé ainsi en mémoire du Réformateur, mais en référence à « Calvin et Hobbes », l’enfant et le tigre en peluche héros de bandes dessinées publiées dans 2’400 journaux.
Les auteurs de « Calvin world » ont photographié et interviewé des Calvin musulman, bouddhiste, athée et même spirite. Des catholiques et des protestants également. Des personnages qui ignorent tout du Réformateur, d’autres qui ont de vagues notions de son existence, comme ce Malais, adepte de la mode et matérialiste, qui en a entendu parler mais se réfère plutôt à Calvin Klein. Et certains qui le connaissent un peu mieux. Ainsi ce médecin de Singapour, né dans une famille protestante chinoise: « Je sais qu’il a la réputation d’un homme très strict et rigide. Mes parents le sont aussi ».
L’exposition temporaire est ouverte jusqu’au 18 septembre 2011. On retrouve, en grand format, les photos des quarante Calvin du livre. Et deux iPad sur lesquels on peut lire les légendes de ces photos, voir des vidéos sur l’aventure qu’a été la réalisation de l’ouvrage ou laisser un commentaire sur le « livre d’or » virtuel. Une manière vraiment décalée d’aborder le Réformateur. Et, comme le souligne Isabelle Graesslé, directrice du musée: « Après le 500ème, l’histoire continue ».
Références de l’ouvrage: Nicolas Righetti et Pierre Grosjean, « Calvin world », aux Éditions Labor et Fides, Genève 2009. (apic/mba/ggc)
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