Rome: Benoît XVI se rendra le 19 juin à Saint-Marin

Une petite république qui a résisté aux tentatives d’unification

Rome, 17 juin 2011 (Apic) Benoît XVI se rendra le 19 juin à Saint-Marin pour une visite pastorale de 11 heures. Cette petite république enclavée en Italie, perchée sur le mont Titan est la plus vieille du monde et le 3e plus petit Etat européen (60,5 km2) après le Vatican et Monaco.

Fondée au début du 4e siècle, Saint-Marin est la seule cité-Etat qui subsiste, ayant survécu aux différentes invasions et autres tentatives d’unification de l’Italie.

Selon la légende, vers l’an 300, un tailleur de pierres nommé Marinus se serait réfugié sur le mont Titan, avant que ne commence la grande vague de persécutions contre les chrétiens lancée par l’empereur Dioclétien en 303 après Jésus-Christ. Un nombre croissant de chrétiens persécutés le rejoignirent et établirent une communauté chrétienne sur le mont Titan.

La petite communauté chrétienne fondée par Marinus – saint Marin -, se fortifia au Moyen-Age afin de se protéger des attaques des Hongrois, des Sarrasins et des Normands. Puis, en raison de sa relative inaccessibilité et de sa pauvreté, la région est parvenue, avec quelques brèves interruptions, à préserver son indépendance. La République de Saint-Marin fut occupée militairement à deux reprises, mais pour quelques mois seulement : en 1503 par César Borgia (1475-1507), dit le Valentin, et en 1739 par le cardinal Giulio Alberoni (1664-1752).

Saint-Marin établit ses statuts communaux et prit le nom de république en octobre 1600. Ce serait la plus ancienne constitution écrite encore en vigueur. La petite république parvint à résister aux envahisseurs et resta un ›havre de paix’. En 1797, Napoléon proposa à la république d’agrandir son territoire, mais les citoyens refusèrent son offre et, en 1815, le Congrès de Vienne reconnut l’intégrité des frontières de Saint-Marin. L’indépendance de la petite république fut garantie par un traité d’amitié avec l’Italie, qui fut signé le 22 mars 1862, puis révisé en 1939 et en 1971, date à laquelle Saint-Marin forma une union douanière avec l’Italie.

Un pays neutre

Membre du Conseil de l’Europe depuis 1988, la République de Saint-Marin adhéra en 1992 à l’Organisation des Nations unies. Ce pays qui compte quelque 30 000 habitants entretient des relations diplomatiques et consulaires avec plus de 70 pays. Le nonce apostolique en Italie, Mgr Giuseppe Bertello, représente aussi le Saint-Siège auprès de la petite république.

Le pouvoir exécutif de ce minuscule Etat est exercé par deux Capitaines-Régents élus tous les 6 mois – chaque 1er avril et chaque 1er octobre – par le Conseil grand et général (Parlement monocaméral) qui assument conjointement la fonction de chef d’Etat et qui président le Congrès d’Etat (Gouvernement) constitué de 10 membres élus par le Conseil. Ce pays neutre a son droit propre, son propre pouvoir judiciaire mais il est soumis au droit international.

Un diocèse bi-national

Du fait de sa taille réduite, la République de Saint-Marin ne correspond pas à un diocèse mais fait partie du diocèse de Saint-Marin-Montefeltro. Celui-ci comprend la cité-Etat et la zone de Montefeltro, recouvrant ainsi 800 km2 de territoire à la fois sur Saint-Marin et en Italie, ce qui fait son originalité. Il a été créé sur l’ancien diocèse de Monte Feltre (dont la création remonte au 9e siècle) le 22 février 1977.

Monseigneur Luigi Negri est, depuis le 17 mars 2005, l’évêque de ce diocèse composé de 81 paroisses, et catholique à 92,3%. La fierté qu’ont les habitants de Saint-Marin d’être citoyens d’un Etat fondé par un saint participe à la popularité de la religion catholique dans cette région touchée, comme beaucoup d’autres en Italie, par la sécularisation. (apic/imedia/cv/hp/bb)

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