Benoît XVI prône la présence sociale de l’Eglise
Rome, 23 juin 2011 (Apic) Les chrétiens ont une «responsabilité particulière» dans la construction d’une société solidaire, car une unité sans Dieu «laisserait le champ libre à la confusion, à l’individualisme et à des vexations réciproques», a prévenu Benoît XVI lors de la messe qu’il présidait dans la basilique romaine de Saint-Jean-de-Latran pour la Fête-Dieu, le 23 juin 2011 en début de soirée.
Selon le pape, les chrétiens ont une responsabilité particulière «dans la construction d’une société solidaire, juste et fraternelle». Ce «sens profond de la présence sociale de l’Eglise», selon le pape, vient de la communion eucharistique qui unit chaque chrétien non seulement à la personne qui se trouve à ses côtés, avec lequel il n’entretient «pas même nécessairement des bons rapports», mais aussi «aux frères éloignés, aux quatre coins du monde».
«A notre époque en particulier, où la mondialisation nous rend de plus en plus dépendants les uns des autres, le christianisme peut et doit faire en sorte que cette unité ne se construise pas sans Dieu, c’est-à-dire sans le véritable amour», a estimé le souverain pontife. Une telle hypothèse, selon lui, laisserait le champ libre à la confusion, à l’individualisme et à des vexations réciproques.
Benoît XVI a alors rappelé que l’Evangile recherchait toujours l’unité de la famille humaine, «une unité qui ne soit pas imposée par le haut ni par des intérêts idéologiques ou économiques, mais à partir d’un sens de responsabilité des uns envers les autres». «Il n’y a rien de magique dans le christianisme», a aussi assuré le pape devant les fidèles qui emplissaient la basilique romaine.
Après la messe célébrée dans la cathédrale de Rome, comme le veut la tradition, Benoît XVI devait ensuite présider – à bord d’un véhicule – la procession du Saint-Sacrement jusqu’à la basilique Sainte-Marie-Majeure, suivi par de nombreux fidèles. La Fête-Dieu, appelée officiellement aujourd’hui «fête du Saint-Sacrement», fut célébrée pour la première fois à Liège, en Belgique, en 1246.
Elle fut étendue à toute l’Eglise par Urbain IV en 1264. L’Italie la célèbre depuis le 15e siècle. L’itinéraire actuel de la procession romaine remonte pour sa part au 16e siècle. Pour ce faire, Grégoire XIII (1572-1585) avait fait spécialement percer la rue – la via Merulana – reliant les basiliques majeures de Saint-Jean-de-Latran et de Sainte-Marie-Majeure. Abandonnée en 1870 au moment de l’entrée des Italiens dans Rome et lorsque le pape se retira au Vatican, cette tradition a été reprise par Jean Paul II en 1979.
La date de cette solennité catholique est fixée au Vatican au jeudi suivant le premier dimanche après la Pentecôte. Mais, dans de nombreux pays, elle est célébrée le dimanche suivant. (apic/imedia/cp/ami/be)
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