Consultation sur le diagnostic pré-implantatoire

Les évêques suisses refusent l’assouplissement de la législation

Fribourg, 30 juin 2011 (Apic) La proposition du Conseil fédéral d’autoriser à certaines conditions le diagnostic pré-implantatoire (DPI) viole de manière grave, aux yeux des évêques suisses, la dignité de la personne humaine inscrite dans la Constitution, a indiqué à l’agence apic, le porte-parole de la Conférence des évêques suisses, Walter Müller.

Le diagnostic pré-implantatoire induit un jugement éthiquement irrecevable entre les embryons ’sains’ et ’malades’. Un examen ’utilité-risque’ n’est pas acceptable lorsque la dignité humaine est en jeu, souligne Walter Müller.

La proposition mise en consultation mercredi par le Conseil fédérale vise à lever l’interdiction actuelle d’effectuer un diagnostic pré-implantoire. Il entend toutefois le soumettre à des conditions strictes. Seuls les couples risquant de transmettre une maladie grave à leur enfant devraient pouvoir recourir au (DPI) en Suisse. Cette technique permet d’analyser un embryon conçu in vitro, avant son implantation dans l’utérus, pour y dépister d’éventuelles anomalies.

Trisomie 21 et «bébés-médicaments» exclus

La règle de trois embryons maximum s’applique normalement pour la fécondation in vitro (FIV). Mais une exception serait prévue pour les couples risquant de transmettre une maladie héréditaire grave. Les probabilités sont trop faibles de trouver un embryon sain avec la limite de trois, estime le gouvernement. Avec un plafond fixé à huit embryons, la Suisse demeurerait néanmoins relativement restrictive par rapport à l’étranger. Quelque 50 à 100 couples seraient concernés par année. Il n’est toutefois pas question d’utiliser le DPI dans le cadre d’un dépistage destiné à éviter des anomalies génétiques pouvant survenir spontanément, comme la trisomie 21.

Le projet exclut aussi le DPI pour sélectionner des «bébés-médicaments», à savoir un embryon à même de faire un don de tissus ou de cellules à un frère ou une soeur malade.

Autre innovation par rapport au régime actuel, le gouvernement entend supprimer l’interdiction de conserver des embryons. A l’avenir, les femmes qui recourent à la fécondation in vitro devraient pouvoir se faire implanter un seul embryon et congeler les autres en vue de nouvelles tentatives de grossesse. Aujourd’hui, les embryons surnuméraires sont détruits ou utilisés pour la recherche sur les cellules souches. (apic/gs/mp)

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