Chine : Inquiétude du Saint-Siège après une nouvelle ordination épiscopale illicite

L’épreuve de force entre Pékin et Rome continue

Rome, 14 juillet (Apic) La nouvelle ordination épiscopale célébrée le 14 juillet 2011, sans mandat pontifical, à Shantou, dans la province du Guangdong au sud-est de la Chine, a été suivie avec ’douleur et inquiétude’ par les autorités vaticanes, a commenté quelques heures plus tard le Père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège.

L’ordination du Père Joseph Huang Bingzhang à Shantou – la 3e de ce type après celle de novembre 2010 à Chengde et celle du 29 juin à Leshan – constitue «un acte qui va dans le sens contraire de la réunification avec l’Eglise universelle», a ajouté le Père Lombardi. Il n’exclut pas la possibilité que le nouvel évêque soit formellement excommunié, comme l’a été son collègue de Leshan le 4 juillet.

L’ordination a été présidée Mgr Fang Xinyao, évêque de Linyi, et président de l’Association patriotique des catholiques chinois. Selon l’agence de l’Institut pontifical pour les missions étrangères AsiaNews, huit évêques en communion avec Rome étaient présents à cette célébration, une partie d’entre eux sous la contrainte. En effet, quatre évêques étaient détenus depuis plusieurs jours par la police, afin de les obliger à participer à cette ordination.

Trente deux prêtres, dont une partie de ceux du diocèse de Shantou, étaient également présents à la cérémonie qui s’est déroulée dans la cathédrale devant quelque 1’500 invités et fidèles. Selon les sources d’AsiaNews, les forces de police ont patrouillé le secteur dès tôt le matin afin d’éviter toute manifestation.

Mgr Paul Pei Junmin, évêque officiel de Liaoning reconnu par Rome, qui devait être le principal consécrateur, a quant à lui résisté aux pressions du gouvernement. Fort du soutien de son clergé, il n’a pas pris part à l’ordination.

Condamnation

Le mercredi 13 juillet, l’ancien archevêque de Hong-Kong, fer de lance de la lutte contre l’Eglise officielle de Chine, avait adressé un message au président Hu Jintao et au premier ministre Wen Jiabao. Le cardinal Joseph Zen Ze-kiun les y exhortait à arrêter «ces fonctionnaires voyous qui violent la constitution de l’Etat et forcent les évêques chinois, les prêtres et les laïcs à agir à l’encontre de leur conscience».

La veille, le secrétaire de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, le Chinois Mgr Savio Hon Tai Fai, avait averti que cette ordination épiscopale illicite serait «un nouveau pas en arrière». L’état des relations entre le Saint-Siège et Pékin risque de revenir à la situation des années 1950, lorsque les deux Etats avaient rompu leurs relations diplomatiques, déplorait le prélat. (apic/imedia/asn/mp)

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