Rome: Le Saint-Siège temporise et appelle les autorités irlandaises à plus d’objectivité

Une réponse claire du Vatican se fait toujours attendre

Rome, 22 juillet 2011 (Apic) Accusé par le Premier ministre irlandais d’avoir entravé une enquête sur des cas de pédophilie au sein du clergé du pays, le Saint-Siège a promis, dans la soirée du 21 juillet 2011, une réponse aux interrogations de Dublin. Au lendemain de propos virulents du chef du gouvernement irlandais, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le Père Federico Lombardi, a aussi demandé que ces questions soient traitées « avec l’objectivité nécessaire ».

« Comme je l’ai déjà dit (le 19 juillet 2011, ndlr), le Saint-Siège répondra de manière opportune à la question posée par le gouvernement irlandais à propos du Rapport sur le diocèse de Cloyne », a confirmé le Père Lombardi dans une brève déclaration transmise à la presse. Le porte-parole du Vatican a souhaité que le débat se développe de façon objective. Il s’agit pour les deux parties de contribuer à la protection des enfants et des jeunes. Pour le Père Lombardi, le renouvellement d’un climat de confiance et de collaboration est nécessaire, dans ce but, au sein de l’Eglise et de la société, comme l’a souhaité le pape dans sa Lettre aux catholiques d’Irlande. Une réaction officielle du Vatican est attendue depuis plusieurs jours par les autorités irlandaises.

Le Père Lombardi s’est exprimé au lendemain d’un discours virulent du Premier ministre Enda Kenny devant le Parlement, au sujet du rapport publié le 13 juillet 2011, sur des actes commis par 19 prêtres du diocèse de Cloyne (sud du pays). Sur 400 pages, les experts ont révélé « une tentative du Saint-Siège d’entraver une enquête dans une république souveraine et démocratique ».

Un rapport qui, selon le chef du gouvernement, démontre « le dysfonctionnement, la déconnection, l’élitisme et le narcissisme qui dominent la culture du Vatican à l’heure actuelle ». Le premier ministre catholique a insisté sur le fait que le viol et la torture d’enfants ont été minimisés et ’gérés’ pour maintenir la primauté de l’institution, son pouvoir, son rang et sa ’réputation’.

Une lettre qui fait des vagues

Le rapport sur le diocèse de Cloyne concerne des actes commis à partir du 1er janvier 1996. A ce moment-là, l’Eglise avait introduit pour la première fois des lignes directrices en matière de protection de l’enfance. Le rapport mentionne notamment une lettre, remontant à 1997, que le nonce apostolique en Irlande avait adressée aux évêques du pays. Cette missive, sur la base d’indications de la Congrégation pour le clergé, soulignait que certains points d’un document de l’époque intitulé « Child sexual abuse – Framework for a Church response » (Pédophilie – Cadre pour une réponse de l’Eglise) étaient difficilement compatibles avec le droit canonique.

Dans une note publiée à titre personnel comme directeur de Radio Vatican, le 19 juillet, le Père Lombardi a jugé « compréhensible et légitime » que le dicastère ait émis des objections au sujet de ce rapport. Selon lui, il n’y a aucune raison de considérer que cette lettre cherchait à dissimuler des cas de pédophilie. « Rien dans la lettre ne ressemble à une invitation à ne pas respecter les lois », a-il souligné.

Une position calculée et pleine de mépris

Le 20 juillet, le Premier ministre irlandais a fustigé « la position calculée, pleine de mépris du Saint-Siège, en totale opposition avec le radicalisme, l’humilité et la compassion sur lesquelles l’Eglise catholique romaine a été fondée ».

Le même jour, les députés ont adopté tacitement une motion critiquant l’attitude du Vatican, qui a contribué « à saper la protection de l’enfance ». Un geste politique qui n’est pas sans rappeler celui du Parlement belge, en avril 2009, en réaction aux propos de Benoît XVI sur le préservatif lors d’un voyage en Afrique, quelques semaines plus tôt. La Chambre des représentants avait adopté un texte demandant au gouvernement de condamner les propos inacceptables du pape et de protester officiellement auprès du Saint-Siège.

Le gouvernement irlandais a manifesté son indignation peu de temps après la publication du rapport sur le diocèse de Cloyne, le 13 juillet. Dès le lendemain, le ministre des Affaires étrangères a convoqué le nonce apostolique à Dublin, Mgr Giuseppe Lanza, pour lui faire part de ses inquiétudes. (apic/imedia/cp/nd)

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