Suisse : Papier de position de Caritas Suisse

Investir dans l’éducation pour prévenir la pauvreté

Lucerne, 28 juillet 2011 (Apic) La formation est un des principaux moyens de prévention de la pauvreté, estime Caritas Suisse. Dans un papier de position, l’œuvre d’entraide catholique invite le Conseil fédéral et le parlement à garantir une meilleure égalité des chances dans le domaine de la formation.

En dehors du cadre familial, le système d’éducation est l’instance principale de socialisation et il contribue grandement à la répartition des chances dans la vie, rappelle Caritas Suisse. La qualité de l’éducation a une influence directe sur l’emploi occupé et le salaire. La politique de l’éducation est donc l’un des axes importants de la prévention de la pauvreté.

Les études montrent qu’en Suisse, le niveau de formation atteint dépend beaucoup de l’origine sociale. Un bas niveau de formation a pour conséquence un revenu limité, un danger de chômage accru et donc un risque de pauvreté plus important. Pour Caritas Suisse, il n’est pas juste que la situation économique et sociale des parents détermine la réussite de l’éducation des enfants. La société a le devoir de permettre à chaque enfant de développer son potentiel.

Prise en charge dès la petite enfance

Pour combattre les disparités des chances existant à l’entrée dans la scolarité et pour permettre aux parents d’exercer une activité professionnelle, la Confédération, les cantons et les communes doivent intensifier leurs efforts dans le domaine de la prise en charge et de l’éducation de la petite enfance. Pour Caritas, il faut non seulement augmenter le nombre de places, mais aussi mieux coordonner les offres et les plans éducatifs. Il s’agit en priorité d’encourager précocement l’aptitude à l’apprentissage des enfants et d’éveiller leur curiosité.

Eviter la stigmatisation des enfants au niveau primaire et secondaire doit également être une priorité. Caritas préconise un soutien individuel des enfants respectant le rythme d’apprentissage en évitant les problèmes d’exigences trop élevées ou au contraire trop basses.

La Confédération et les cantons doivent s’engager à ce que chaque personne, indépendamment de son âge, puisse faire une première formation professionnelle. Caritas demande une attention particulière aux jeunes adultes qui sont à l’aide sociale.

Outre la scolarité obligatoire et la formation professionnelle de base, la formation continue des personnes peu ou pas qualifiées devrait avoir une importance accrue. Il s’agit de privilégier les mesures permettant une intégration durable sur le marché du travail. Dans cette optique, il faut soutenir les chômeurs, les personnes recourant à l’aide sociale et les employés de plus de cinquante ans.

D’ici 2020, Caritas veut voir réduire massivement la transmission héréditaire de la pauvreté grâce à une politique de l’éducation ciblée et cohérente afin de garantir l’équité des chances. Les tâches de l’éducation doivent être perçues comme un investissement en matière de politique sociale. Plus tard, les dépenses de l’État en matière d’aide sociale en seront réduites d’autant, conclut l’œuvre d’entraide catholique. (apic/com/mp)

Vaincre la pauvreté par la formation La position de Caritas sur le rôle de la politique de formation dans la prévention de la pauvreté, Lucerne, juillet 2011

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/investir-dans-l-education-pour-prevenir-la-pauvrete/