Les recensements, un enjeu majeur pour les chrétiens
Canberra, 28 juillet 2011 (Apic) Les évêques australiens exhortent les catholiques du pays à déclarer leur appartenance religieuse dans le recensement 2011, indique «The Catholic Weekly». Dans de nombreux Etats, les recensements constituent un enjeu majeur pour les chrétiens.
«Même si la question n’est pas obligatoire, il est très important que tous les catholiques s’identifient clairement en tant que tel dans le recensement», affirme Mgr Julian Charles Porteous, évêque d’Urusi. «Il s’agit d’une opportunité pour tous les catholiques de déclarer leur foi et d’affirmer l’importance de leur foi dans leur vie et leur identité».
A quelques jours du recensement – qui aura lieu le 9 août 2011 -, les évêques australiens mobilisent leurs ouailles. Ils ne sont pas les seuls d’ailleurs: l’»Atheist Foundation of Australia» a lancé une campagne pour convaincre les habitants du pays de cocher la case «sans religion». Des panneaux publicitaires ont même été érigés à cet effet.
Selon les chiffres du recensement 2006, il y a en Australie 63.9% de chrétiens, dont environ 27% de catholiques, et 18.7% de «sans religion», un chiffre qui augmente rapidement. Lorsqu’on sait que 11.2% des habitants n’ont pas répondu en 2006 à la question de l’appartenance religieuse, on comprend mieux la lutte que se livrent évêques et athées.
Dans de nombreux pays du monde, les recensements constituent un enjeu majeur pour les chrétiens. Au Népal, alors que l’hindouisme a perdu son statut de «religion officielle du royaume» et sur fond de conflits autour des pratiques chrétiennes d’inhumation, le Bureau central des statistiques publiera bientôt les résultats intermédiaires du recensement 2011. On connaîtra alors pour la première fois le nombre «réel» – qui devrait selon les sources osciller entre 0.5 et 10% de la population – des chrétiens dans le pays. D’après Eglises d’Asie, l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris, les fonctionnaires inscrivaient jusqu’alors automatiquement les habitants comme hindous dès lors qu’ils portaient un nom traditionnel.
En Egypte, au lendemain de la révolution et en l’absence de recensement sous l’ère Moubarak, il est impossible de connaître le nombre de chrétiens. Si on parle en général de 5 à 10% des 80 millions d’Egyptiens, l’Eglise copte avance quant à elle le chiffre de 10 millions.
Selon leurs résultats, de tels recensements pourraient accroître sensiblement le pouvoir et l’influence de la minorité chrétienne, forçant le gouvernement «démocratique» à revoir ses relations avec cette dernière. Mais le recensement est une arme à double tranchant: au lendemain du «plus grand recensement de population de toute l’histoire de l’humanité», achevé en 2011 en Inde, les Eglises chrétiennes craignaient une stigmatisation renforcée de la minorité religieuse. Dans un pays où les violences à l’égard des chrétiens sont fréquentes, beaucoup auraient hésité à déclarer leur appartenance par peur de représailles.
Comme le relèvent les évêques australiens, en Australie, comme au Népal et en Egypte, le recensement est en définitive une affaire de pouvoir. «Nous voulons être pris au sérieux lorsque des décisions sont prises pour le futur de notre communauté. Et le nombre compte ici», écrit Mgr Anthony Fisher, évêque de Parramatta. Un point de vue partagé par l’évêque de Wollongong, Mgr Peter William Ingham: «Montrez que la foi et les gens de foi comptent réellement!» (apic/thecatholicweekly/eda/amc)
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