Mgr Michael Neary s’adresse aux fidèles lors du pèlerinage de Croagh Patrick
Dublin, 1er août 2011 (Apic) De nombreux prêtres, religieux et évêques irlandais se disent «épouvantés» par les révélations sur les abus sexuels commis par des prêtres du diocèse de Cloyne, a admis dimanche 31 juillet Mgr Michael Neary, archevêque de Tuam. Le Premier ministre irlandais avait tenu le mois dernier des propos particulièrement virulents après la publication, le 13 juillet, d’un rapport concernant des actes pédophiles commis par 19 prêtres du diocèse de Cloyne.
Mais l’archevêque de Tuam a tenu à relever qu’il s’agissait de méfaits commis par «quelques prêtres». Il a fait ces déclarations devant quelque 20’000 fidèles au cours du traditionnel pèlerinage sur la montagne de Croagh Patrick, dans le comté de Mayo, à l’Ouest de l’Irlande. C’est un lieu éminemment symbolique où Saint Patrick, l’évangélisateur de l’Irlande, aurait jeûné pendant 40 jours puis bâti une église en 441.
Mgr Michael Neary a dit qu’il était «compréhensible que de nombreux bons catholiques fidèles ont éprouvé de la souffrance et du découragement après les révélations sur la mauvaise gestion des cas d’abus», a-t-il souligné, selon le quotidien irlandais «Irish Times» du lundi 1er août.
Parlant de la réaction face aux souffrances qu’ont subies quantité de personnes innocentes victimes de quelques prêtres, Mgr Neary a reconnu que nombreux sont ceux qui sont en colère et épouvantés par ce qu’ils ont pu apprendre suite à la publication du rapport sur le diocèse de Cloyne (*).»En réalité, ces sentiments sont partagés par des prêtres, des religieux et, oui, également par des évêques !», a-t-il lancé en rappelant tous ceux qui ont souffert ainsi d’une trahison de leur confiance et ont subi une violation de leur dignité.
Alors que le 50e Congrès eucharistique international doit se tenir à Dublin en juin 2012, sous la présidence de Mgr Diarmuid Martin, archevêque de Dublin et président de la Conférence épiscopale irlandaise, des voix se font entendre en Irlande pour que cet important événement soit déplacé et reporté à une date ultérieure, étant donné le climat actuel qu’affrontent l’Eglise et la société irlandaises.
(*) Le rapport sur le diocèse de Cloyne, qui concerne des actes commis à partir du 1er janvier 1996, quand l’Eglise avait introduit pour la première fois des lignes directrices en matière de protection de l’enfance, jusqu’en 2009, mentionne notamment une lettre remontant à 1997 que le nonce apostolique en Irlande avait adressée aux évêques du pays. Cette missive, sur la base d’indications de la Congrégation pour le clergé, soulignait qu’un document de l’époque intitulé «Child sexual abuse – Framework for a Church response» (Pédophilie – Cadre pour une réponse de l’Eglise), prêtait le flanc à des objections car certains de ses aspects étaient difficilement compatibles avec le droit canonique. (apic/irishtimes/be)
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