Séquestré durant quatre mois pour le forcer à renier le pape
Pékin, 6 août 2011 (Apic) Arrêté en avril dernier, le Père Chen Hailong, un prêtre catholique «non officiel» de Xuanhua, dans la province du Hebei, a été relâché, annonce l’agence de presse catholique asiatique UcaNews, basée à Bangkok. Il a été mis à l’isolement et privé de nourriture dans le but de le faire rejoindre l’Eglise catholique officielle, contrôlée par le régime de Pékin.
Le Père Joseph Chen Hailong, curé depuis son ordination en 2009 de la paroisse de Yanqin, dans la banlieue de Pékin, a été arrêté par des policiers en civil le 9 avril dernier. Il a subi un véritable «lavage de cerveau» pour rejoindre l’Eglise officielle et couper les ponts avec le pape. Ces dernières années, des responsables gouvernementaux de la région de Zhangjiakou ont déclenché une vague de répression contre les prêtres qui ne sont pas affiliés à l’Association patriotique des catholiques de Chine (APCC).
Deux jeunes catholiques emmenés avec le Père Chen Hailong lors de son arrestation avaient été relâchés deux jours plus tard. Des sources ecclésiales locales ont laissé entendre que les autorités ont détenu le Père Chen Hailong pour l’interroger sur lieu où se trouvait Mgr Thomas Zhao Kexun, l’évêque clandestin de Xuanhua, qui se cache. Le gouvernement ne reconnaît pas l’existence du diocèse de Xuanhua.
Mgr Zhao Kexun, qui a environ quatre-vingts ans, est à la tête de ce diocèse depuis 2007, mais il est resté caché la plupart du temps. Le Père Chen Hailong a été maintenu en isolement pendant près de deux mois, pendant lesquels il a souffert de malnutrition, selon UcaNews.
Pour échapper à la solitude et au sentiment d’abandon, il a dessiné une image du Saint sacrement sur le mur de sa cellule, priant la plupart du temps. Le gouvernement chinois, dont les relations se sont tendues avec le Vatican ces derniers mois, aimerait mettre sur pied une Eglise nationale indépendante du pontife romain en forçant les prêtres à adhérer à l’APCC, une organisation qu’il contrôle.
Selon des sources de l’agence de presse catholique romaine AsiaNews, ces vingt dernières années, au moins 20 prêtres catholiques non officiels de la région de Zhangjiakou, dans le Hebei, dans les diocèses de Xuanhua et de Xiwanzi, ont été torturés et ont subi de fortes pressions pour les convaincre d’adhérer à l’APCC, une organisation contrôlée par le Parti communiste chinois. Le Hebei semble être l’une des provinces où les pressions sont les plus fortes.
Selon des sources ecclésiastiques locales, la multiplication des arrestations dans le Hebei laisserait penser qu’une campagne a été lancée par les autorités visant à contraindre les éléments «clandestins» du clergé à rejoindre les communautés «officielles». (apic/asian/ucan/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/sequestre-durant-quatre-mois-pour-le-forcer-a-renier-le-pape/