Les doléances des imams freinent les négociations

France: Imbroglio autour de la future mosquée «ad hoc» du quartier parisien de Barbès

Paris, 31 août 2011 (Apic) Une caserne de pompiers désaffectée du quartier de Barbès, dans le 18e arrondissement de Paris, est sensée accueillir les musulmans qui prient le vendredi dans la rue, à partir du 16 septembre. Les imams des deux mosquées du quartier émettent plusieurs réserves à leur déménagement, comme le loyer trop élevé ou encore le manque de places de parc, rapporte «Le Figaro» du 30 août.

Les imams des deux mosquées de Barbès, à Paris, où les fidèles prient dans la rue faute de place, n’ont pas donné leur accord pour se déplacer le 16 septembre vers la caserne de pompiers désaffectée proposée par les autorités. «Aucun accord n’a été trouvé et les discussions se poursuivent», a déclaré l’imam Cheikh Salah Hamza, le 30 août à l’AFP.

Selon «Le Figaro», alors que les musulmans célébraient l’Aïd el-Fitr, fête marquant la fin du ramadan, le cheikh imam de la mosquée de rue Myrha, dans le 18e arrondissement, a participé à une table ronde avec son homologue Moussa Niambélé, l’imam de la salle de prières Al-Fath installée rue Polonceau, et le grand recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur. Il s’agissait de trouver une solution pour que les fidèles puissent se déplacer dans ce nouveau lieu de culte, à la date prévue.

«Les prières de rue sont directement attentatoires au principe de la laïcité. C’est quelque chose qui n’est pas acceptable et il faudra que ça cesse», avait prévenu début août, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant.

Pluie de doléances

Depuis, la Préfecture de police a proposé une caserne désaffectée depuis quatre ans, située Porte de Clignancourt. Alors que les locaux, offrant deux salles d’une superficie de 1’200 et 800 m2 d’une capacité de 2’700 fidèles, étaient sensés être fonctionnels le 16 septembre, les négociations entre les autorités et les imams ont viré à l’imbroglio.

L’imam des pratiquants maghrébins de la mosquée Khalid Ibn Walid de la rue Myrha et celui des adeptes de confréries africaines Tijâniyya ou Mourides, qui fréquentent la rue Polonceau, ont demandé l’aménagement d’un seul lieu de culte pour la prière du vendredi, comme l’exigent les règles de l’islam.

Ils souhaitent aussi la création d’un lieu séparé pour l’ablution et un autre pour la prière des femmes, la création d’un poste de gardien et de places de parc. Ils aimeraient aussi qu’un effort soit consenti en matière de chauffage en hiver.

De son côté, l’imam Moussa Niambélé estime que le loyer annuel de 10’000 euros (11’600 francs) était élevé, alors que les musulmans occuperont les lieux uniquement le vendredi.

Un accord d’ici quatre à cinq jours?

Toujours selon «Le Figaro», outre un loyer revu à la baisse et une utilisation continue des lieux, les chefs religieux veulent obtenir des autorités l’»assurance écrite» de pouvoir reloger leurs fidèles dans un nouveau lieu de culte dans Paris, à l’issue du bail transitoire qui devrait prendre fin en 2013. D’ici là, l’Institut des cultures d’islam devrait offrir quelque 2’500 places supplémentaires aux fidèles, dans le quartier.

Une ultime réunion aura lieu à la Préfecture de police, dans les quatre ou cinq jours. Faute d’un accord, la police devrait alors agir, afin de faire respecter l’ordre sur la voie publique. (apic/lefig/20minutes/nd)

Encadré

Entre 100 et 150 mosquées en construction

Ces 20 dernières années, le nombre de mosquées et de salles de prière musulmanes a doublé en France, passant de quelque 1’000 à 2’000. Le ministère de l’Intérieur et des Cultes en recensait 150 en 1976, 900 en 1985 et 1’555 en 2001. En 2011, il en dénombre 2’052 seulement dans l’Hexagone.

Selon le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, entre 100 et 150 mosquées sont actuellement en cours de construction dans le pays, alors que plus de 1’000 lieux de culte seraient nécessaires pour couvrir les besoins de la communauté.

3’000 et 4’000 mosquées et salles de prière permettrait d’obtenir un équilibre, pour une population de fidèles estimée entre 2,1 millions et 5 à 6 millions. Une fourchette très large, car la religion islamique proscrit tout recensement. Mais, selon un récent sondage de l’Ifop, il y aurait en France entre 500’000 et 1,5 million de musulmans pratiquants.

A titre de comparaison, le territoire français compte 45’000 églises catholiques et 3’000 lieux de culte protestants, dont 1’800 salles évangéliques et 280 synagogues. (apic/lefig/nd)

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