Pologne : Le parlement impose le statu quo sur l’avortement

Pas d’interdiction, pas de libéralisation

Varsovie, 1er septembre 2011 (Apic) La Diète polonaise a refusé de modifier la loi actuelle sur l’avortement. Après avoir rejeté mercredi soir 31 août, à une courte majorité de cinq voix, une proposition d’interdiction totale, le Parlement a également repoussé l’idée d’un accès libre à l’avortement jusqu’à la 12e semaine de grossesse.

Le statu quo veut donc qu’en Pologne l’avortement reste autorisé en cas de malformation grave du foetus, de viol, d’inceste ou de mise danger de la santé de la mère. Un comité citoyen avait rassemblé ce printemps un demi-million de signatures pour demander de mettre fin à ces exceptions. Au vote, 186 députés ont suivi cette proposition tandis que 191 s’y sont opposés et 5 se sont abstenus. 78 autres députés manquaient à l’appel. Parmi les soutiens à cette initiative on trouvait le parti d’opposition de droite «Droit et justice» ainsi que la conférence des évêques de Pologne.

En face, l’opposition sociale-démocrate a encore moins convaincu avec sa proposition de solution des délais jusqu’à la 12e semaine de grossesse et d’autorisation d’avortement tardifs dans certains cas. Elle n’a obtenu que 31 voix contre 369. La coalition de droite libérale au pouvoir défendait le maintien de la loi actuelle datant de 1993. Il s’agit à ses yeux d’un bon compromis. Cette loi reste parmi les plus restrictives en Europe.

100’000 Polonaises avortent à l’étranger

Le nombre d’avortements enregistrés dans la statistique officielle en Pologne se monte à environ 500 par an. Selon les milieux de défense de l’avortement, au moins 100’000 Polonaises se rendent chaque année à l’étranger pour avorter, essentiellement en Slovaquie et en Tchéquie. L’association pour la cause des femmes et le planning familial a annoncé entre-temps vouloir elle aussi lancer une initiative populaire pour la libéralisation de l’avortement. (apic/kna/mp)

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