Ils veulent imposer la charia dans le pays
Dhaka, 21 septembre 2011 (Apic) Plusieurs milliers de militants du «Bangladesh Jamaat-e-Islami», le plus important mouvement islamiste du pays, se sont violemment affrontés à la police lors d’une manifestation, le 19 septembre 2011, à Dhaka. Cette montée de l’islamisme pourrait sérieusement compromettre la restauration de la laïcité du pays.
Selon Eglises d’Asie (EDA), l’agence des missions étrangères de Paris (MEP) et des sources policières, plus de 150 personnes ont été blessées durant les affrontements. Au moins 230 voitures, dont plusieurs cars de police, ont été incendiées, et de très nombreux commerces vandalisés. La cathédrale n’a pas subi de dégât, mais l’archevêque de Dhaka, Mgr Paulinus Costa, a été blessé par une pierre lancée par un des manifestants. Ces jours ne sont pas en danger.
Ces derniers mois, le parti islamiste «Jamaat-e-Islami», allié du Bangladesh Nationalist Party (BNP), principal mouvement d’opposition, a multiplié les protestations à l’encontre de la coalition au pouvoir menée par la ligue Awami. Le 15 septembre, les islamistes ont lancé un appel à une grande manifestation nationale, les 19 et 20 septembre, afin de protester contre l’arrestation de cinq de ses principaux leaders. Ces derniers sont accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, commis lors de la Guerre d’indépendance du Bangladesh en 1971. Leur jugement fait suite à une promesse électorale de l’actuel premier ministre Sheikh Hasina.
Parmi les sept personnes arrêtées qui attendent leur procès, cinq appartiennent au «Jamaat-e-Islami». Clamant leur innocence, elles dénoncent une vendetta politique, menée par le gouvernement actuel et chargée de «détruire la démocratie ainsi que le multipartisme dans le pays».
L’émeute du 19 septembre est la plus importante depuis la victoire aux élections de Sheikh Hasina, en janvier 2009. Mais les médias locaux ont rapporté que des incidents similaires se sont produits dans plusieurs villes du pays, notamment dans le port de Chittagong.
Le 19 septembre, l’un des leaders du «Jamaat-e-Islami», Shafiqur Rahman, a réfuté la version des forces de l’ordre, précisant que les militants manifestaient pacifiquement quand la police les a agressés. «ll s’agit d’une violation irréfutable de notre droit constitutionnel à manifester», a-t-il dénoncé.
Cette montée de l’extrémisme inquiète les minorités religieuses, qui voient s’évanouir l’espoir de restauration de la laïcité de l’Etat promise par Sheikh Hasina. En juin dernier, les communautés chrétiennes, hindoues et bouddhistes n’avaient pas caché leur inquiétude lorsque le gouvernement, malgré ses promesses de rétablir la Constitution de 1972 basée sur des fondements laïcs, avait officiellement maintenu l’islam comme religion d’Etat. L’Eglise catholique avait alors exprimé sa conviction que le premier ministre avait cédé à la pression des partis islamistes et en particulier celle du «Jamaat-e-Islami».
L’influence grandissante du parti islamiste s’accompagne d’un mouvement visant à imposer la charia dans tout le pays, à faire voter une loi anti-blasphème sur le modèle pakistanais ou encore à permettre aux tribunaux islamiques de village de continuer à appliquer les fatwas et les condamnations à mort, pourtant interdites par le gouvernement. (apic/eda/nd)
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