Front commun d’opposition des catholiques et des musulmans
Port-Louis, 22 septembre 2011 (Apic) L’Eglise catholique et des organisations religieuses catholiques et musulmanes de l’Île Maurice ont créé, le 15 septembre 2011, un Front commun contre la légalisation de l’avortement. Les dirigeants du pays doivent informer l’ONU de leur position sur la question, en octobre prochain.
Selon le quotidien mauricien «L’Express» du 21 septembre, le Front commun contre l’avortement est composé du «Muslim Ladies Council», de la «Muslim Youth Federation» et de l’organisation chrétienne «Mouvement Aide à la Maternité» (MAM). Il veut sensibiliser la population et la classe politique sur le projet de légalisation de l’avortement.
Ce projet suscite un vif débat en Île Maurice. Religieux, hommes politiques, travailleurs sociaux se sont tous joints au débat et sont mobilisés contre. La position de l’Eglise catholique a été réaffirmée avec force, le 8 septembre dernier, par l’archevêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat. Dans son homélie, il a appelé le gouvernement à ne pas céder à la pression de l’ONU. Il a sévèrement critiqué tous ceux veulent encourager l’avortement, dont certains «médecins malhonnêtes» qui poussent leurs patientes à avorter, dans le seul but d’avoir de l’argent. Une attitude «tout à fait répugnante», a-t-il encore dénoncé.
La même tonalité est notée chez les musulmans. Lundi 19 septembre, une autre association musulmane, «Jummah Mosque», est montée au créneau pour dénoncer le projet du gouvernement. Plusieurs imams ont annoncé la publication d’un livre explicatif sur l’avortement. Il exposera, du point de vue de l’Islam, les circonstances dans lesquelles l’avortement pourra être autorisé.
Les membres du Front commun s’engagent à sensibiliser la population et les hommes politiques sur le caractère non-religieux de la légalisation de l’avortement et ses conséquences. Dans ce cadre, ils ont annoncé la publication prochaine d’un document, rédigé par «plusieurs personnes, dont des religieux de l’Eglise catholique, des imams de mosquées, des médecins et des légistes, afin que les Mauriciens de toutes croyances puissent s’y retrouver», a souligné la présidente du «Muslim Ladies Council», Mariam Goodur. Il abordera les volets légal, médical et moral.
Le président de la Jummah Mosque, Nissar Ramtoolah, a estimé que le gouvernement pourrait légèrement remanier son texte, et pourrait se montrer plus flexible, a déclaré un autre dignitaire musulman, le cheikh Haroon Assen. Ces hypothèses laissent indifférente l’Eglise catholique. Elle ne veut pas entendre parler de légalisation de l’avortement. (apic/ibc/js)
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