Burkina-Faso: Mise en place d’un Observatoire des détentions préventives en Afrique

La peine de mort au cœur de la rencontre de la FIACAT

Ouagadougou, 27 septembre 2011 (Apic) La Fédération internationale de l’action des chrétiens pour l’abolition de la torture (FIACAT) a réuni des délégués de 13 pays africains à Ouagadougou, au Burkina Faso, du 22 au 24 septembre dernier. Rappelant son opposition à la peine de mort, elle a décidé de créer un observatoire des détentions préventives en Afrique, afin de lutter pour le respect des délais légaux, l’assistance judiciaire et l’application des textes en matière de prévention dans le continent.

La FIACAT va aussi ouvrir à Ouagadougou un bureau régional des mouvements «Action des chrétiens pour l’abolition de la torture» (ACAT), qui sera chargé de coordonner les travaux des ACAT en Afrique, pour un accès à une «justice impartiale et équitable», pour l’abolition et la réduction de la torture, pour la lutte contre les violences politiques, l’impunité et la peine de mort.

Dans une conférence de presse, à l’issue de la rencontre à laquelle ont pris des délégués de 13 pays africains, la présidente de la FIACAT, Sylvie Bukhari de Pontual, a appelé à l’abolition de la peine de mort dans le monde entier. Car, a-t-elle dit, «contrairement à la perception selon laquelle elle dissuaderait les criminels, des études ont montré que la criminalité serait même en hausse dans les pays où elle est pratiquée».

La présidente de la FIACAT dont les propos sont rapportés par les médias burkinabés, lefaso.net, et le quotidien Le Pays, s’est déclarée indignée qu’à la veille de la célébration de la Journée internationale de la lutte contre la peine de mort, le 10 octobre prochain, des pays comme les Etats-Unis continuent d’appliquer la peine capitale, avec notamment l’exécution de Troy Davis. Elle a lancé un appel aux 54 pays du monde dont le Burkina-Faso, qui n’ont toujours pas aboli la peine de mort dans leur législation, «à souscrire à un moratoire universel sur cette pratique».

Appel à la suppression de la peine de mort

Selon la presse locale, même si le Burkina-Faso n’a pas supprimé la peine de mort dans son code pénal, il ne l’applique pas depuis une dizaine d’années. La présidente de l’ACAT-Burkina, Lucienne Ariane Zoma, a profité de cette occasion, pour exhorter les autorités politiques du pays, à supprimer la peine de mort. Elle aussi attiré l’attention des autorités carcérales de son pays sur les conditions de détention des prisonniers, qui ne respectent pas les normes internationales.

Pour Sylvie de Pontual, il faut reconnaître qu’avant toute décision d’abolition de la peine de mort, il y a des préalables à remplir. «Il s’agit, non seulement de mener un débat national sur la question, mais aussi de sensibiliser la population et de lutter contre l’impunité». A ce sujet, a-t-elle ajouté, il faut que les citoyens aient l’impression que la justice est la même pour tout le monde.

En plus de la question de la peine de mort, la présidente de la FIACAT a indiqué que la rencontre de Ouagadougou a été l’occasion de discuter de la situation des détentions dans les prisons africaines. «Cette situation est très critique dans beaucoup de pays. Il y a la surpopulation carcérale, le manque d’hygiène, les actes de torture, etc… qui sont autant de maux dont nous devons nous débarrasser», a-t-elle précisé.

Elle a rappelé le combat que mène par la FIACAT autour de la lutte contre les violences politiques, l’accès à la justice, l’abolition de la torture, la lutte contre les violences civiles, la lutte contre l’impunité, la lutte contre la peine de mort.

Le 10 octobre est la journée mondiale pour l’abolition de la peine de mort. Le mouvement ACAT est partie prenante dans la campagne de cette journée. Une pétition circule qui demande un moratoire sur la peine de mort. (apic/ibc/fiacat/js)

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