Rome: Le chaos politique en Afrique de l’Est est intolérable

La communauté internationale ne fait pas vraiment preuve de bonne volonté

Rome, 6 octobre 2011 (Apic) Au lendemain de l’appel à l’aide lancé par Benoît XVI en faveur des populations de la Corne de l’Afrique, décimées par une sècheresse sans précédent, le président du Conseil pontifical «Cor Unum» s’est montré très virulent envers la communauté internationale. Il l’estime coupable de laisser sciemment le Continent noir dans «le chaos politique».

Dans une interview publiée le 6 octobre 2011 dans L»’Osservatore Romano», le cardinal Robert Sarah a jugé «inadmissible qu’une violence de plus en plus incontrôlable» s’abatte sur la population somalienne, dont le récent attentat à Mogadiscio (Somalie) constitue une nouvelle manifestation.

«Il faut agir, et rapidement. C’est une catastrophe humanitaire comme on n’en a jamais vu jusqu’à aujourd’hui», affirme ainsi le cardinal Sarah. «Le pape est très inquiet et il se tient constamment informé», ajoute le prélat guinéen, auquel Benoît XVI a demandé de faire tout son possible pour aider les enfants, les personnes âgées et les femmes qui meurent chaque jour alors qu’ils demandent de l’eau, du pain et des médicaments. Lors de l’audience générale du 5 octobre, le pape a lancé un appel à la communauté internationale pour que se poursuive son engagement en faveur des populations de la Corne de l’Afrique durement touchées par la famine.

Un continent abandonné par la communauté internationale

Dans cette interview accordée à L’»Osservatore Romano», le président du Conseil pontifical «Cor Unum», le dicastère en charge de la charité du pape, note que «malheureusement, la volonté fait défaut chez certains».

Le prélat africain s’en prend alors vivement à la communauté internationale, toujours prête à exploiter l’Afrique et jamais à l’aider réellement. Aux yeux du chef de dicastère, il semblerait même qu’il existe une intention de «laisser le continent dans le chaos politique». A l’inverse, soutient-il, il suffirait que les grandes puissances s’engagent à assurer la stabilité politique dans les Etats où règne le chaos le plus total pour que l’on évite que la ruine de l’homme vienne s’ajouter aux catastrophes naturelles».

Prenant appui sur le récent attentat suicide commis le 4 octobre à Mogadiscio (Somalie) par le groupe islamiste somalien Chabaab, qui a fait 72 morts, le cardinal Sarah juge «inadmissible qu’une violence de plus en plus incontrôlable s’abatte sur une population somalienne épuisée, parmi les plus touchées par la famine dans la Corne de l’Afrique». Estimant qu’il est «inacceptable de tuer des innocents pour conquérir le pouvoir politique», le président du Conseil pontifical «Cor Unum» estime que c’est là que la communauté internationale peut intervenir.

Le 7 octobre, une réunion consacrée aux actions mises en place pour faire face à cette catastrophe aura lieu au siège du Conseil pontifical «Cor Unum», au Vatican, en présence de représentants d’associations humanitaires et de Mgr Giorgio Bertin, évêque de Djibouti et administrateur apostolique de Mogadiscio. (apic/imedia/cp/js)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/la-communaute-internationale-ne-fait-pas-vraiment-preuve-de-bonne-volonte/