L'Eglise doit soutenir les couples en voie de nullité de mariage, estime le pape

Il faut donner les «indications» pour entreprendre un procès de nullité de mariage à «ceux qui se rendent compte que leur union n’est pas un véritable mariage sacramentel et qui veulent sortir de cette situation», a déclaré le pape François, le 27 septembre 2018.

Le mariage n’est pas seulement un «événement social» mais un «vrai sacrement» qui comporte une préparation adaptée et une «célébration consciente», a déclaré le pape à la basilique Saint-Jean-de-Latran, devant les participants d’une formation promue par le Tribunal de la Rote romaine.

Les fiancés sont en effet appelés à faire un «choix en conscience», a-t-il souligné au terme de cette formation sur le mariage et la famille, organisée du 24 au 26 septembre. Y étaient conviés des prêtres, des diacres permanents, mais aussi des époux et des opérateurs de la pastorale familiale.

Toutefois, certains époux prennent conscience de «ne pas avoir pleinement compris» ce dans quoi ils s’engageaient au moment de leur mariage. Dans ce cas, estime-t-il, ceux qui réalisent alors que leur union n’était pas un «vrai mariage sacramentel et veulent sortir de cette situation», doivent pouvoir recevoir les «indications appropriées pour entreprendre un procès de nullité de mariage».

Ils doivent en ce sens pouvoir trouver chez les évêques, les prêtres et les opérateurs pastoraux le «soutien nécessaire». Celui-ci se concrétise en premier lieu par l’écoute et la compréhension mais aussi à travers des normes juridiques. A ce sujet, le nouveau règlement sur le procès matrimonial constitue un «instrument valide», qui requiert d’être appliqué concrètement et de façon indistincte.

Un processus de nullité de mariage raccourci

Le pape François faisait ici référence aux deux motu proprio Mitis Iudex Dominus Iesus et Mitis et misericors Iesus promulgués le 8 septembre 2015. L’un pour le Code de droit canon et l’autre pour le Code des canons des Eglises orientales. Les deux lettres visaient à simplifier et accélérer le processus canonique de reconnaissance des nullités de mariage tout en sauvegardant le principe d’indissolubilité matrimoniale.

Une nouvelle forme de «procès court» avait ainsi été mise en place pour les cas de nullité de mariage qui paraissent «particulièrement évidents». Cette procédure ne peut jamais aller au-delà de trente jours, après quoi les époux ont quinze jours pour faire appel. Au sein de ce type de procès, seul l’évêque fait office de juge.

Devant les participants à cette formation, le pape a par ailleurs fortement insisté sur l’importance d’une solide préparation au mariage. «Plus ce temps de préparation est long, a-t-il insisté, plus les futurs époux parviendront à correspondre à la grâce et la force de Dieu». Il convient donc d’aider ceux qui rencontrent de «sérieux problèmes» à raviver leur foi et redécouvrir la grâce du sacrement. Ils produiront ainsi les «anticorps» afin de traverser les «inévitables» épreuves de la vie conjugale. (cath.ch/imedia/ah/gr)

Grégory Roth

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