Jérusalem, le 27 avril (ENIçMartin Bailey) – Des responsables chrétiens et
musulmans, réunis à Jérusalem, ont vivement critiqué la politique
israélienne concernant Jérusalem, et notamment les restrictions de
déplacement des chrétiens et musulmans dans la ville.
Ils ont reconnu que l’avenir de Jérusalem est de la plus haute importance
pour l’aboutissement du processus de paix.
« Jérusalem n’est pas un gâteau que l’on peut couper en morceaux », a déclaré
Hanan Ashrawi, qui fut la porte-parole de la délégation officielle
palestinienne aux négociations. « Jérusalem est un centre d’harmonie – et
l’harmonie exige le pluralisme », a-t-elle dit aux membres chrétiens et
musulmans du groupe d’étude mis en place par Al-Liqa, centre d’études
religieuses en Terre Sainte.
« Pour Dieu, Jérusalem devait être un modèle de pluralisme », a-t-elle
affirmé. « C’est pourquoi Dieu a fait de Jérusalem une Ville Sainte pour les
juifs, les musulmans et les chrétiens. »
Cette vue est partagée par les responsables chrétiens et musulmans.
L’archevêque Lutfi Laham, vicaire patriarcal de l’Eglise grecque-catholique
à Jérusalem, a rappelé que les fidèles de son Eglise n’avaient pu se rendre
à la cathédrale en raison de la « fermeture complète » imposée par les
militaires israéliens durant la Semaine Sainte, avant Pâques.
« Nous devons dire que le mépris manifesté par les juifs à l’égard des
chrétiens et des musulmans, la ’judai »sation’ forcée en cours à Jérusalem,
et l’implantation de colonies illégales à Jérusalem et autour de la ville ne servent pas le processus de paix, mais le font plutôt échouer », a-t-il
dit au groupe composé de représentants de plusieurs ambassades accréditées
en Israe »l et d’organisations non gouvernementales participant à des
programmes de développement dans la région.
« Il ne peut y avoir de paix avec les Palestiniens sans Jérusalem, il ne
peut y avoir de paix avec les Arabes sans Jérusalem, il ne peut y avoir de
paix au Moyen-Orient sans Jérusalem, et il ne peut y avoir de paix dans le
monde sans Jérusalem », s’est-il exclamé.
Pour Thiab Ayoush, sous-secrétaire au Ministère palestinien des affaires
sociales, « l’archevêque parle aussi bien pour les musulmans que pour les
chrétiens ».
La journée d’étude avait lieu au centre catholique romain de Notre-Dame
durant la Semaine Sainte orthodoxe qui coi »ncidait, cette année, avec les
célébrations de la Pâque juive. Les autorités israéliennes avaient imposé
la fermeture de la Cisjordanie, à l’exception de Jérusalem, et des zones
autonomes de Gaza et Jéricho. Elles avaient annoncé la fermeture pour
prévenir toute explosion de violence durant les célébrations.
Le président de l’Université islamique Al Quds, Sari Nuseibah, a proposé
lors de la réunion que Jérusalem ne soit pas divisée mais soit à la fois la
capitale d’Israe »l et de la Palestine. Avec H. Ashrawi, ils ont rappelé les
résolutions des Nations Unies qui reconnaissent Jérusalem comme « corpus
separatus », ou entité séparée.
Mais, a précisé S. Nuseibah, les Palestiniens sont prêts à négocier à
propos des frontières territoriales si la communauté internationale
reconna#t que Jérusalem n’appartient pas à une seule partie. « Jérusalem
doit être une ville binationale », a-t-il conclu. (521 mots)
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