«JERUSALEM DOIT ETRE UNE VILLE BINATIONALE» ENI-95-0105çF

Jérusalem, le 27 avril (ENIçMartin Bailey) – Des responsables chrétiens et

musulmans, réunis à Jérusalem, ont vivement critiqué la politique

israélienne concernant Jérusalem, et notamment les restrictions de

déplacement des chrétiens et musulmans dans la ville.

Ils ont reconnu que l’avenir de Jérusalem est de la plus haute importance

pour l’aboutissement du processus de paix.

«Jérusalem n’est pas un gâteau que l’on peut couper en morceaux», a déclaré

Hanan Ashrawi, qui fut la porte-parole de la délégation officielle

palestinienne aux négociations. «Jérusalem est un centre d’harmonie – et

l’harmonie exige le pluralisme», a-t-elle dit aux membres chrétiens et

musulmans du groupe d’étude mis en place par Al-Liqa, centre d’études

religieuses en Terre Sainte.

«Pour Dieu, Jérusalem devait être un modèle de pluralisme», a-t-elle

affirmé. «C’est pourquoi Dieu a fait de Jérusalem une Ville Sainte pour les

juifs, les musulmans et les chrétiens.»

Cette vue est partagée par les responsables chrétiens et musulmans.

L’archevêque Lutfi Laham, vicaire patriarcal de l’Eglise grecque-catholique

à Jérusalem, a rappelé que les fidèles de son Eglise n’avaient pu se rendre

à la cathédrale en raison de la «fermeture complète» imposée par les

militaires israéliens durant la Semaine Sainte, avant Pâques.

«Nous devons dire que le mépris manifesté par les juifs à l’égard des

chrétiens et des musulmans, la ’judai»sation’ forcée en cours à Jérusalem,

et l’implantation de colonies illégales à Jérusalem et autour de la ville ne servent pas le processus de paix, mais le font plutôt échouer», a-t-il

dit au groupe composé de représentants de plusieurs ambassades accréditées

en Israe»l et d’organisations non gouvernementales participant à des

programmes de développement dans la région.

«Il ne peut y avoir de paix avec les Palestiniens sans Jérusalem, il ne

peut y avoir de paix avec les Arabes sans Jérusalem, il ne peut y avoir de

paix au Moyen-Orient sans Jérusalem, et il ne peut y avoir de paix dans le

monde sans Jérusalem», s’est-il exclamé.

Pour Thiab Ayoush, sous-secrétaire au Ministère palestinien des affaires

sociales, «l’archevêque parle aussi bien pour les musulmans que pour les

chrétiens».

La journée d’étude avait lieu au centre catholique romain de Notre-Dame

durant la Semaine Sainte orthodoxe qui coi»ncidait, cette année, avec les

célébrations de la Pâque juive. Les autorités israéliennes avaient imposé

la fermeture de la Cisjordanie, à l’exception de Jérusalem, et des zones

autonomes de Gaza et Jéricho. Elles avaient annoncé la fermeture pour

prévenir toute explosion de violence durant les célébrations.

Le président de l’Université islamique Al Quds, Sari Nuseibah, a proposé

lors de la réunion que Jérusalem ne soit pas divisée mais soit à la fois la

capitale d’Israe»l et de la Palestine. Avec H. Ashrawi, ils ont rappelé les

résolutions des Nations Unies qui reconnaissent Jérusalem comme «corpus

separatus», ou entité séparée.

Mais, a précisé S. Nuseibah, les Palestiniens sont prêts à négocier à

propos des frontières territoriales si la communauté internationale

reconna#t que Jérusalem n’appartient pas à une seule partie. «Jérusalem

doit être une ville binationale», a-t-il conclu. (521 mots)

27 avril 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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