La violence au Libéria devrait faire honte aux marchands d’armes, déplore
Genève, le 10 avril (ENI) – Le secrétaire général de la Fédération
luthérienne mondiale (FLM) a vigoureusement critiqué l’impuissance des
Nations Unies et de la force ouest-africaine d’interposition (Ecomog) à
empêcher l’explosion de violence déclenchée ce dernier week-end et les
combats qui continuent de faire rage dans la capitale, Monrovia.
Les Eglises devraient aussi se demander si elles ont tout fait pour
s’attaquer aux causes de cette violence, a déclaré au journaliste d’ENI le
théologien Ishmael Noko, originaire du Zimbabwe. Il a appelé la Conférence
des Eglises de toute l’Afrique (CETA) à prendre les devants et à aborder
sérieusement ces problèmes. «Elle peut compter sur la FLM», a-t-il affirmé.
La communauté religieuse et les organisations non gouvernementales et
lai»ques doivent travailler ensemble en vue de promouvoir une «sorte de
désarmement civil» et d’exercer des pressions sur les politiciens, a
demandé le secrétaire général de la FLM.
S’exprimant ensuite sur les scènes vues à la télévision et montrant des
enfants de 12 ans, armés de fusils AK47, surveillant des leaders
politiques, Ishmael Noko a déclaré que la violence au Libéria devrait faire
«honte à tous ceux qui continuent de vendre des armes et tirent des profits
de la vente d’instruments de guerre et de destruction».
A ses yeux, la communauté internationale semble plus préoccupée par le sort
des ressortissants étrangers pris dans les combats que par ces enfants
porteurs d’armes. Les «germes de guerre» ont été semés dans les esprits de
ces jeunes enfants libériens, a-t-il déploré.
Mais les Eglises «ne doivent pas abandonner» leurs efforts en vue de la
réconciliation, même si le décha?nement de la violence signifie que la FLM
devrait «repartir de zéro» et promouvoir à nouveau la guérison et la
réconciliation, car, a-t-il dit, «ceci est une part importante de leur
ministère».
Le secrétaire général de la FLM s’est déclaré «préoccupé» par le sort des
membres du personnel de la FLM et de l’Eglise luthérienne pris dans cette
tourmente. En effet, le 6 avril, alors que le représentant de l’Entraide
mondiale luthérienne à Monrovia, Jim Mason, était en conversation
téléphonique avec le secrétaire général de la FLM, une bande de pillards a
fait incursion dans le centre de l’Eglise luthérienne de Monrovia (qui
abrite aussi le siège de l’Entraide luthérienne mondiale), réclamant de
l’argent et des objets de valeur. Ishmael Noko pouvait entendre nettement
des cris et des bruits avant que Jim Mason n’interrompe soudainement la
conversation.
Depuis lors, la FLM a perdu tout contact direct avec les collaborateurs de
l’Entraide mondiale luthérienne au Libéria mais pense qúils sont
actuellement sous la protection de l’Ecomog. «Nous ne savons pas exactement
combien ils sont, mais nous avons été informés qúils étaient sains et
saufs.»
Par contre Ishmael Noko se déclare très préoccupé par le sort des membres
de l’Entraide luthérienne mondiale recrutés localement et des membres de
l’Eglise luthérienne qui, pense-t-il, ne bénéficient peut-être pas de la
protection de l’Ecomog.
Il est également très inquiet de savoir ce qui est arrivé à l’évêque Ronald
Diggs, ancien responsable de l’Eglise luthérienne du Libéria. Celui-ci,
co-président du Comité de médiation interconfessionnel du Libéria, a été
arrêté la semaine passée après que le Comité eut présenté une déclaration
au Conseil d’Etat libérien.
L’évêque Diggs avait été mis en liberté provisoire et devait compara?tre
devant le tribunal le 5 avril. Un juge ne s’étant pas présenté ce jour-là,
il était resté en liberté mais tous les efforts en vue de le contacter
depuis le déclenchement des violences sont restés vains et Ishmael Noko ne
sait pas o? il se trouve actuellement. (633 mots)
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