le secrétaire général de la FLM ENI-96-0094çF

La violence au Libéria devrait faire honte aux marchands d’armes, déplore

Genève, le 10 avril (ENI) – Le secrétaire général de la Fédération

luthérienne mondiale (FLM) a vigoureusement critiqué l’impuissance des

Nations Unies et de la force ouest-africaine d’interposition (Ecomog) à

empêcher l’explosion de violence déclenchée ce dernier week-end et les

combats qui continuent de faire rage dans la capitale, Monrovia.

Les Eglises devraient aussi se demander si elles ont tout fait pour

s’attaquer aux causes de cette violence, a déclaré au journaliste d’ENI le

théologien Ishmael Noko, originaire du Zimbabwe. Il a appelé la Conférence

des Eglises de toute l’Afrique (CETA) à prendre les devants et à aborder

sérieusement ces problèmes. «Elle peut compter sur la FLM», a-t-il affirmé.

La communauté religieuse et les organisations non gouvernementales et

lai»ques doivent travailler ensemble en vue de promouvoir une «sorte de

désarmement civil» et d’exercer des pressions sur les politiciens, a

demandé le secrétaire général de la FLM.

S’exprimant ensuite sur les scènes vues à la télévision et montrant des

enfants de 12 ans, armés de fusils AK47, surveillant des leaders

politiques, Ishmael Noko a déclaré que la violence au Libéria devrait faire

«honte à tous ceux qui continuent de vendre des armes et tirent des profits

de la vente d’instruments de guerre et de destruction».

A ses yeux, la communauté internationale semble plus préoccupée par le sort

des ressortissants étrangers pris dans les combats que par ces enfants

porteurs d’armes. Les «germes de guerre» ont été semés dans les esprits de

ces jeunes enfants libériens, a-t-il déploré.

Mais les Eglises «ne doivent pas abandonner» leurs efforts en vue de la

réconciliation, même si le décha?nement de la violence signifie que la FLM

devrait «repartir de zéro» et promouvoir à nouveau la guérison et la

réconciliation, car, a-t-il dit, «ceci est une part importante de leur

ministère».

Le secrétaire général de la FLM s’est déclaré «préoccupé» par le sort des

membres du personnel de la FLM et de l’Eglise luthérienne pris dans cette

tourmente. En effet, le 6 avril, alors que le représentant de l’Entraide

mondiale luthérienne à Monrovia, Jim Mason, était en conversation

téléphonique avec le secrétaire général de la FLM, une bande de pillards a

fait incursion dans le centre de l’Eglise luthérienne de Monrovia (qui

abrite aussi le siège de l’Entraide luthérienne mondiale), réclamant de

l’argent et des objets de valeur. Ishmael Noko pouvait entendre nettement

des cris et des bruits avant que Jim Mason n’interrompe soudainement la

conversation.

Depuis lors, la FLM a perdu tout contact direct avec les collaborateurs de

l’Entraide mondiale luthérienne au Libéria mais pense qúils sont

actuellement sous la protection de l’Ecomog. «Nous ne savons pas exactement

combien ils sont, mais nous avons été informés qúils étaient sains et

saufs.»

Par contre Ishmael Noko se déclare très préoccupé par le sort des membres

de l’Entraide luthérienne mondiale recrutés localement et des membres de

l’Eglise luthérienne qui, pense-t-il, ne bénéficient peut-être pas de la

protection de l’Ecomog.

Il est également très inquiet de savoir ce qui est arrivé à l’évêque Ronald

Diggs, ancien responsable de l’Eglise luthérienne du Libéria. Celui-ci,

co-président du Comité de médiation interconfessionnel du Libéria, a été

arrêté la semaine passée après que le Comité eut présenté une déclaration

au Conseil d’Etat libérien.

L’évêque Diggs avait été mis en liberté provisoire et devait compara?tre

devant le tribunal le 5 avril. Un juge ne s’étant pas présenté ce jour-là,

il était resté en liberté mais tous les efforts en vue de le contacter

depuis le déclenchement des violences sont restés vains et Ishmael Noko ne

sait pas o? il se trouve actuellement. (633 mots)

11 avril 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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