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Rome: Jean Paul II devrait visiter Cuba en janvier 1998 (070197)
Voyage confirmé à La Havane et à Rome
Rome, 7janvier (APIC) C’est à la mi-janvier 1998 que Jean-Paul II se rendra à Cuba, seul pays de l’Amérique latine que le pape n’a pas encore visité malgré douze voyages sur ce continent. L’annonce a été faite le vendredi
3 janvier, à La Havane, par l’archevêque de la ville, le cardinal Jaime Lucas Ortega y Alamino, et confirmée officiellement samedi, à Rome, par le
porte-parole du Vatican, Joaquin Navarro Valls.
L’accord de principe sur un voyage du pape à Cuba avait été le résultat
le plus important de la première rencontre «historique» que le pape avait
eue à Rome, le 19 novembre passé, avec le chef de l’Etat cubain, Fidel
Castro. Mais aucune date précise n’avait été alors mentionnée.
Alors que le cardinal Ortega, âgé de 60 ans, annonçait aux fidèles réunis dans la cathédrale de La Havane la prochaine venue du pape, à ses côtés
se trouvait le cardinal Camillo Ruini, 65 ans, président de la Conférence
épiscopale italienne. Le cardinal, arrivé deux jours auparavant, a expliqué
au quotidien romain «La Repubblica» les motifs de son voyage.
«Ma visite, a expliqué le cardinal Ruini, a deux raisons. L’une concerne
l’activité et les initiatives de la Conférence épiscopale italienne en vue
d’aider l’Eglise de Cuba et aussi le peuple cubain. La deuxième a naturellement trait à la visite du Saint-Père».
Le cardinal a précisé que, «dans un premier temps», on avait pensé faire
coïncider le voyage à Cuba avec celui que le pape effectuera, en octobre
prochain, au Brésil. Mais par la suite, on a estimé que «la visite à La Havane devait avoir un caractère exclusif: Jean Paul II partira de Rome pour
rentrer directement à Rome, après la rencontre avec les fidèles et les autorités de Cuba.»
A La Havane, le cardinal Ruini a aussi rencontré le «Lider maximo» Fidel
Castro. A ce propos, le cardinal Ruini a dit: «Les entretiens sont naturellement privés. Mais nous avons parlé aussi de la prochaine visite du pape.
Au sein de la population, chez les évêques, dans le gouvernement cubain même, j’ai constaté que cette visite suscitait une grande attente.»
Depuis 1959, date à laquelle Fidel Castro est arrivé au pouvoir à Cuba,
les relations entre le régime cubain et le Vatican ont été difficiles, et
plusieurs fois le Saint-Siège a protesté contre les restrictions à la liberté religieuse imposées aux fidèles par les nouvelles autorités. Mais le
Saint-Siège n’a jamais condamné le régime castriste, ni rompu les relations
diplomatiques avec La Havane.
Jean-Paul II, aujourd’hui âgé de 76 ans, a, en dix-huit années de pontificat, effectué douze pèlerinages en Amérique latine, mais sans réussir,
jusqu’à novembre 1996, à persuader Fidel Castro de l’inviter.
Selon la presse italienne, ce qui a poussé Fidel Castro à inviter le pape, ce sont les critiques répétées de hauts dignitaires du Vatican et du
pape lui-même, concernant l’embargo économique imposé à Cuba par les EtatsUnis.
A Rome, cependant, il semble exister des «nuances» importantes
dans l’attitude adoptée à l’égard de Fidel Castro, comme celles exprimées
par le cardinal vénézuélien Rosalio José Castillo Lara, âgé de 74 ans, président de la Commission pontificale pour l’Etat de la Cité du Vatican.
Le cardinal Castillo Lara a déclaré à «La Repubblica»: «Jusqu’alors combien de voix ecclésiastiques ont de façon appropriée dénoncé le régime de
Castro? Certainement, pour Augusto Pinochet «le général arrivé au pouvoir
en 1973 à la suite d’un coup d’Etat», un régime cent fois inférieur – en ce
qui concerne la dureté – à la dictature cubaine, il y a eu dans l’Eglise,
et je le souligne à juste titre, des protestations beaucoup plus vives.
Contre Fidel, étrangement, jusqu’alors il y a eu pour ainsi dire le silence.»
C’est dans les colonnes de ce même journal que Giulo Girardi, un des
meilleurs spécialistes italiens de la théologie de la libération, a répondu
au cardinal Castillo: «Le cardinal utilise un ton de grand inquisiteur. Je
suis bouleversé d’entendre dire que le régime cubain est cent fois pire que
celui de Pinochet.» (apic/eni/ba)
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