Projet Zan: mise au point du cardinal Parolin

Le Saint-Siège n’a pas demandé de bloquer la loi mais s’est inquiété du fait qu’elle pourrait rendre punissable «toute distinction possible entre les hommes et les femmes», a précisé le cardinal Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, le 24 juin 2021. Après la fuite au sujet d’une note du Vatican exprimant une inquiétude quant à un projet de loi pour lutter contre l’homophobie en Italie, Mgr Parolin s’explique pour Vatican News.

Le 22 juin, le Corriere della Sera avait révélé l’existence d’une note verbale transmise le 17 juin par la Secrétairerie d’État à l’ambassade de l’Italie près le Saint-Siège. Le document exprime les inquiétudes du Saint-Siège concernant certains aspects d’une loi en cours d’examen au Sénat italien visant à lutter contre «l’homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie». Au lendemain de la fuite au sujet de la missive, des médias comme des députés de la Péninsule s’étaient inquiétés de cette intervention de l’Église, y voyant une ingérence.

Moins de 48h après la polémique, le cardinal Parolin a tenu à remettre les choses au clair. Cette note verbale a été conçue pour «communiquer certaines préoccupations et certainement pas pour être publiée», a-t-il d’abord exprimé.

«Je tiens à préciser qu’il n’y a pas eu de demande de blocage de la loi de quelque manière que ce soit», a-t-il clarifié avant de rappeler: «Nous sommes contre toute attitude ou geste d’intolérance ou de haine envers les personnes en raison de leur orientation sexuelle, ainsi que de leur appartenance ethnique ou de leurs croyances».

Pour le diplomate, la note avait pour objectif de souligner les «problèmes d’interprétation qui pourraient se poser en cas d’adoption d’un texte au contenu vague et incertain». À ses yeux le concept de discrimination contenu dans ce texte est «trop vague» et cette absence de définition risque notamment de rendre «punissable» «toute distinction possible entre les hommes et les femmes avec des conséquences qui peuvent s’avérer paradoxales et qu’il convient (…) d’éviter pendant qu’il en est encore temps». C’est la raison pour laquelle le document du Saint-Siège se termine par une demande de formulation différente du texte, précise-t-il.

Loin de l’ingérence, une démarche d’amitié

Si le Saint-Siège s’est exprimé en amont de l’adoption de ce texte, se justifie-t-il en réponse aux critiques, c’était de manière «préventive» et «pour pointer du doigt les problèmes avant qu’il ne soit trop tard». «Un silence coupable aurait pu être imputé au Saint-Siège, d’autant que la question concerne des aspects qui font l’objet d’un accord», a-t-il ajouté en faisant référence au Concordat entre l’Italie et le Vatican.

Le Secrétaire d’État a également balayé toutes les accusations d’ingérence. «L’Etat italien est laïque, ce n’est pas un État confessionnel (…). Je suis entièrement d’accord avec le président Draghi sur la laïcité de l’État et la souveraineté du Parlement italien». C’est selon lui pour cette raison que le Vatican a choisi la note verbale – à ses yeux «le moyen approprié du dialogue dans les relations internationales». Cette note a été envoyée dans un esprit « de coopération loyale et, j’ose le dire, d’amitié, qui a caractérisé et continue de caractériser nos relations», ajoute-t-il. (cath.ch/imedia/cg/bh)

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