Walter Buchs, nouveau rédacteur en chef des «Freiburger Nachrichten»
Etre attentif à la dignité de la personne
Georges Scherrer / Agence APIC
Fribourg, 16avril(APIC) Walter Buchs, 47 ans, originaire de Bellegarde,
actif depuis une vingtaine d’années dans divers secteurs de la presse et
actuellement directeur du service d’information «foi et économie» reprendra
le 1er octobre prochain le poste de rédacteur en chef des «Freiburger Nachrichten» (FN), quotidien fribourgeois de langue allemande. Il succédera à
Erich Camenzind qui prend sa retraite après 17 ans à la tête de la rédaction du journal. Quels sont les défis pour un journal régional dans un monde marqué par la crise économique et la diversité des opinions? L’agence
APIC a posé la question à Walter Buchs.
APIC: Pouvez-vous vous définir politiquement?
Walter Buchs: J’ai toujours évolué dans le cadre du PDC où j’ai occupé entre autres fonctions celle de secrétaire du PDC de la ville de Fribourg.
Pour parler selon les clichés habituels, je me situe à l’aile droite du PDC
pour ce qui concerne les questions économiques, mais pour ce qui touche la
question sociale, je me situe à l’aile gauche.
APIC: Que signifie pour vous la foi religieuse?
W.B. Je considère la dimension religieuse comme une partie essentielle de
la vie, celle qui donne d’abord son sens à la vie. Le témoignage et la responsabilité religieuse me donnent la force de m’engager pour ma famille.
Je ne peux pas séparer ma famille de ce témoignage religieux, pas plus que
mon activité professionnelle. J’espère que ce témoignage fondamental aura
une influence sur les «Freiburger Nachrichten». La référence à la dimension
religieuse d’un journal n’est pas une question de quantité, mais d’attitude
fondamentale. L’attention à la dignité de chaque personne, dans le sens des
valeurs chrétiennes, se situe pour moi à la première place. Cela doit s’appliquer dans la façon de traiter les événements de tous les jours, à commencer par les accidents ou les comptes-rendus de justice.
APIC: Peut-on qualifier les «FN» de journal catholique?
W.B. La désignation de journal catholique est aujourd’hui assez difficile à
concevoir. L’important est que ce journal d’opinion propose une analyse des
événements de notre société à la lumière des valeurs de la foi chétienne.
Par foi chrétienne, je pense non seulement à la foi catholique mais aussi à
la foi réformée. Le travail doit se faire en collaboration, dans un esprit
de tolérance oecuménique. Moi-même je m’appuie sur ce point de vue chrétien, bien que l’enseignement social de l’Eglise catholique forme un des
éléments principaux de mes décisions.
APIC: Comment les «FN» peuvent-ils rendre compte de la diversité cantonale?
W.B. Il faut garder devant les yeux la dimension globale de la personne. Un
journal répond à un besoin déterminé de la vie en société pour orienter le
lecteur afin qu’il prenne au sérieux sa responsabilité. Le journal doit
présenter ce qui se passe dans l’économie et le monde du travail. L’homme a
ausi des besoins culturels et religieux. Un journal comme les «FN» doit
couvrir tout ces domaines. Dans un temps de perte de sens, il est
important qu’un journal donne des points d’ancrage afin d’offrir au lecteur
une orientation à partir d’un point de vue religieux.
Le journal est très fortement ancré dans sa région. Il doit informer sur
toutes les parties et garantir à l’avenir une information sur tous les
groupes de la société. Le journal doit servir à la fomation de l’opinion.
C’est par là que les «FN» pourront être un journal attractif pour le plus
grand nombre d’alémaniques du canton.
APIC: Les «FN» sont-ils menacés par la situation économique actuelle?
W.B. Je ne le crois pas. Pour chaque journal qui est très bien ancré dans
sa région, il y a une chance de survie. Si on prend au sérieux la fonction
complémentaire du journal par rapport aux médias électroniques, la demande
des prochaines décennies sera la même qu’aujourd’hui et peut-être même plus
forte. Je n’exclue pas cependant que les «FN» puissent être contraints de
produire les pages suprarégionales avec d’autres journaux, à condition de
maintenir la ligne rédactionnelle.
APIC: Qu’allez-vous apporter de neuf au concept rédactionnel?
W.B. Je vais développer ce qui a été construit ces dernières années. Je
vais essayer d’optimiser certains domaines. Il s’agit de tirer mieux profit
de l’image attractive du journal. L’utilisation des différentes formes de
journalisme doit être plus variée. Dans le domaine politique, il faut essayer d’avoir une position plus profilée.
APIC: Vous avez déjà une longue expérience dans le journalisme?
W.B. J’ai appris le métier de journaliste aux «FN». Puis comme responsable
de la rubrique régionale et comme administrateur de l’Agence de presse internationale catholique APIC-KIPA, j’ai eu l’occassion de m’attaquer aux
questions administratives. Mon activité comme responsable du service d’information «Foi et économie» m’a permis de m’occuper intensivement de diverses questions de société et de renforcer mes propres opinions. (apic/gs/mp)
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