Apic-Interview
dans un Carmel du Burkina Faso
Moudasso (Burkina Faso), 7avril(APIC) Au Carmel de Moudasso, la
maîtresse des novices est nicaraguayenne. Son nom en religion: Piedad du
Mont Carmel. Taille moyenne, le sourire permanent etle regard joyeux, cette
religieuse parle de sa fondation avec émotion.
APIC: Du Nicaragua au Burkina Faso, que de distance pour trouver Dieu?
Piedad: En fait, c’est de mon Amérique Centrale que je suis venue au Carmel
du Sacré-Coeur à Castillo en Espagne. C’est donc en passant par l’Espagne
que je
me suis trouvée parmi les fondatrices de Moudasso.
APIC: Une aventure facile sans doute.
Piedad: Pas vraiment. mais l’histoire est certainement merveilleusew. Elle
remonte aux sessions du Concile Vatican II. L’évêque de Castillo et celui
de Nouna-Dédougou (ex-Haute-Volta, actuellement Burkina Faso) se trouvaient
côte à côte dans la basilique St-Pierre. Ils ont échangé sur leurs forces
pastorales respectives. L’amitié et le contact entre les deux diocèses
étaient lancé, et quelques années plus tard,
des prêtres diocésains espagnols « Fidei Donum » du diocèse de Castillo
fondaient une paroisse à Safané, dans le diocèse africain. Depuis lors, les
évêques ont changé. Mais les liens se sont maintenus. Mgr Zéphyrin Toé,
l’actuel évêque de Nouna-Dédougou, a exprimé son désir d’avoir un monastère
de contemplatives che lui. Tant que cela ne se réalise pas, disait-il
souvent, mon Eglise n’est pas complète ».
APIC: Comment s’y est-il pris?
Piedad:Un jour Mgr Toé débarque dans notre diocèse espagnol pour recevoir
des soins médicaux. Le diocèse de Castillo compte 12 monastères
dont le nôtre. Il exprime son désir que des carmélites viennent fonder un
monastère au Burkina Faso. A vrai dire cela nous a paru d’abord incroyable.
Venir s’installer en Afrique était pour nous comme une blague. Le climat,
la langue, la distance…autant de problèmes qui nous paraissaient
insurmontables. Mgr Toé a continué d’insister auprès de notre Mère
prieure pendant plusieurs années. Et puis, nous nous trouvions déjà si
peu nombreuses dans notre monastère. Je me souviens de cette phrase que
l’évêque burkinabé nous afinalement lancé: « Femmes de peu de foi, venz et
vous aurez des vocations ».
APIC: Vos hésitations ont-elles continuées?
Piedad: Je peux dire que la grâce de Dieu s’est pleinement révélée.
L’autoriation de Rome d’ouvrir un Carmel au Burkina Faso obtenue, six
soeurs se ont mises en route en février 1980. Quatre veanient de notre
monastère. Dès le mois de juillet de la même année, elles étaient toutes
remplacées en Espagne. Vraiment Dieu a répondu à notre attente.
APIC: Comment se présente aujourd’hui le Carmel de Moudasso?
Piedad: Son visage est bien universel. Il y a 15 carmélites de huit
nationalités. Nous sommes cinq Espagnoles, une Française, une Allemande,
une Cubaine, 3 Togolaises, une Bukinabé et 2 Maliennes. Moi-même je viens
du Nicaragua.
APIC: Racontez-nous une journée au Carmel. Débute-t-elle à 3 heures du
matin comme certains le pensent?
Piedad: Notre Mère, Thérèse d’Avila, était une femme très sage. Jamais dans
le Carmel elle n’a voulu que ses soeurs interrompent comme cela leur
sommeil. Chez nous le lever est à 6 heures. Il est suivi de l’Office et de
la prière de louange. En continuation, nous avons l’eucharistie après
laquelle nous restons encore une heure complète en silence. Vous savez que
la carmélite est d’abord une contemplative. Puis à 8h30, nous prononçons
le petit déjeuner. Puis chacune va à son travail: jardin, élevage, cuisine.
Nous devons travailler de nos mains pour subvenir à tous nos besoins. tous
les emplois sont assurés par la communauté. Il n’y a aps de boys ou de
cuisiniers. A 11 heures, les novices suivent des cours d formation. Les
sextes ont lieu à midi, suivis durepas au cours duquel nous écoutons une
lecture. Après la vaiselle nous nous rassemblons pour la détente jusqwu’à
13h45. A partir de ce moment, chaque carmélite va dans son ermitage. làelle
prie, étudie, se recueille. A 15 heures commence la lecture spirituelle.
les occuoations manuelles reprennen à 16 h. Deux fois par semaine, elles
sont entrcoupées par une répétition de chant. A 18h30, nous nous apprêtons
pour les vêpres, prolongés par un temps de prière silencieuse jusqu’à
19h45. Viennent ensuite le souper t la rencontre communautaire. Vigile à
21h, office des lesctures et complies. vous comprendrez qu’après une telle
journée, la carmélite a besoin de repos.
Quelle est la spécificité de la vie carmélitaine?
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