Une maîtresse des nocices nicaraguayenne (070493)

Apic-Interview

dans un Carmel du Burkina Faso

Moudasso (Burkina Faso), 7avril(APIC) Au Carmel de Moudasso, la

maîtresse des novices est nicaraguayenne. Son nom en religion: Piedad du

Mont Carmel. Taille moyenne, le sourire permanent etle regard joyeux, cette

religieuse parle de sa fondation avec émotion.

APIC: Du Nicaragua au Burkina Faso, que de distance pour trouver Dieu?

Piedad: En fait, c’est de mon Amérique Centrale que je suis venue au Carmel

du Sacré-Coeur à Castillo en Espagne. C’est donc en passant par l’Espagne

que je

me suis trouvée parmi les fondatrices de Moudasso.

APIC: Une aventure facile sans doute.

Piedad: Pas vraiment. mais l’histoire est certainement merveilleusew. Elle

remonte aux sessions du Concile Vatican II. L’évêque de Castillo et celui

de Nouna-Dédougou (ex-Haute-Volta, actuellement Burkina Faso) se trouvaient

côte à côte dans la basilique St-Pierre. Ils ont échangé sur leurs forces

pastorales respectives. L’amitié et le contact entre les deux diocèses

étaient lancé, et quelques années plus tard,

des prêtres diocésains espagnols «Fidei Donum» du diocèse de Castillo

fondaient une paroisse à Safané, dans le diocèse africain. Depuis lors, les

évêques ont changé. Mais les liens se sont maintenus. Mgr Zéphyrin Toé,

l’actuel évêque de Nouna-Dédougou, a exprimé son désir d’avoir un monastère

de contemplatives che lui. Tant que cela ne se réalise pas, disait-il

souvent, mon Eglise n’est pas complète».

APIC: Comment s’y est-il pris?

Piedad:Un jour Mgr Toé débarque dans notre diocèse espagnol pour recevoir

des soins médicaux. Le diocèse de Castillo compte 12 monastères

dont le nôtre. Il exprime son désir que des carmélites viennent fonder un

monastère au Burkina Faso. A vrai dire cela nous a paru d’abord incroyable.

Venir s’installer en Afrique était pour nous comme une blague. Le climat,

la langue, la distance…autant de problèmes qui nous paraissaient

insurmontables. Mgr Toé a continué d’insister auprès de notre Mère

prieure pendant plusieurs années. Et puis, nous nous trouvions déjà si

peu nombreuses dans notre monastère. Je me souviens de cette phrase que

l’évêque burkinabé nous afinalement lancé: «Femmes de peu de foi, venz et

vous aurez des vocations».

APIC: Vos hésitations ont-elles continuées?

Piedad: Je peux dire que la grâce de Dieu s’est pleinement révélée.

L’autoriation de Rome d’ouvrir un Carmel au Burkina Faso obtenue, six

soeurs se ont mises en route en février 1980. Quatre veanient de notre

monastère. Dès le mois de juillet de la même année, elles étaient toutes

remplacées en Espagne. Vraiment Dieu a répondu à notre attente.

APIC: Comment se présente aujourd’hui le Carmel de Moudasso?

Piedad: Son visage est bien universel. Il y a 15 carmélites de huit

nationalités. Nous sommes cinq Espagnoles, une Française, une Allemande,

une Cubaine, 3 Togolaises, une Bukinabé et 2 Maliennes. Moi-même je viens

du Nicaragua.

APIC: Racontez-nous une journée au Carmel. Débute-t-elle à 3 heures du

matin comme certains le pensent?

Piedad: Notre Mère, Thérèse d’Avila, était une femme très sage. Jamais dans

le Carmel elle n’a voulu que ses soeurs interrompent comme cela leur

sommeil. Chez nous le lever est à 6 heures. Il est suivi de l’Office et de

la prière de louange. En continuation, nous avons l’eucharistie après

laquelle nous restons encore une heure complète en silence. Vous savez que

la carmélite est d’abord une contemplative. Puis à 8h30, nous prononçons

le petit déjeuner. Puis chacune va à son travail: jardin, élevage, cuisine.

Nous devons travailler de nos mains pour subvenir à tous nos besoins. tous

les emplois sont assurés par la communauté. Il n’y a aps de boys ou de

cuisiniers. A 11 heures, les novices suivent des cours d formation. Les

sextes ont lieu à midi, suivis durepas au cours duquel nous écoutons une

lecture. Après la vaiselle nous nous rassemblons pour la détente jusqwu’à

13h45. A partir de ce moment, chaque carmélite va dans son ermitage. làelle

prie, étudie, se recueille. A 15 heures commence la lecture spirituelle.

les occuoations manuelles reprennen à 16 h. Deux fois par semaine, elles

sont entrcoupées par une répétition de chant. A 18h30, nous nous apprêtons

pour les vêpres, prolongés par un temps de prière silencieuse jusqu’à

19h45. Viennent ensuite le souper t la rencontre communautaire. Vigile à

21h, office des lesctures et complies. vous comprendrez qu’après une telle

journée, la carmélite a besoin de repos.

Quelle est la spécificité de la vie carmélitaine?

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