Querelles de clochers en Ukraine

APIC – Commentaire

Maurice Page, Agence APIC

Kiev, 23mai(APIC) En Ukraine, la renaissance religieuse est partout: reconstructions d’églises, ouvertures de monastères, de séminaires, de maisons de formation… Mais dans un climat franchement nationaliste, chacun

tire de son côté. Le plus souvent l’oecuménisme se résume à deux questions:

le nombre des fidèles et la restitution des biens confisqués sous l’époque

communiste. De dialogue? Point.

Sur le terrain, pas moins de cinq confessions sont en concurrence.

L’Eglise orthodoxe ukrainienne autonome, rattachée au patriarcat de Moscou;

l’Eglise orthodoxe unie, ou soi-disant patriarcat de Kiev, et l’Eglise

ukrainienne autocéphale, de retour d’exil, forment la composante orthodoxe.

Les grecs-catholiques resurgis de la clandestinité après leur suppression

par Staline en 1946 et les catholiques-romains, qui regroupent principalement des fidèles d’origine polonaise, sont les deux Eglises d’obédience

catholique.

Tenter de déterminer le nombre des fidèles de chaque communauté est

presque impossible. L’Etat soviétique ne tenait pas de statistiques religieuses, pas plus que les Eglises elles-mêmes pour des raisons de sécurité

des croyants. Seuls le chiffre des prêtres et celui des baptêmes en 1992

semblent des données fiables. Or le nombre des fidèles peut être un argument décisif face aux autorités civiles dans la question de la restitution

des biens ecclésiastiques. Aujourd’hui, le nombre total de fidèles déclarés

par chacune des Eglises dépasse de beaucoup la population totale du pays!

Pour la restitution des églises, on peut définir quatre cas de figure.

La localité possède deux ou plusieurs églises: une revient à chaque confession. Si le village ne compte qu’un seul lieu de culte, la meilleure solution consiste à le partager entre les deux communautés. Ces cas idéaux sont

rares (8 sur une centaine de cas litigieux). Deuxième solution, décider de

l’appartenance confessionnelle de la communauté par voie de référendum.

Inacceptable, clament les minoritaires. Le danger d’une dérive politique

nationaliste est trop grand. Enfin on pourrait construire une nouvelle

église financée par les deux communautés. Objectif guère réalisable étant

donné la situation économique du pays et l’état de délabrement avancé de la

plupart des édifices religieux.

Le Vatican a envoyé un nonce apostolique en Ukraine il y a un an pour

tenter de jouer les médiateurs. Avant de parler oecuménisme, il faudra

d’abord vivre la coexistence pacifique! (apic/mp)

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