APIC Commentaire

Les Etats-Unis accouchent de «la mère de toutes les bombes»

Vous avez dit armes de destruction massive?

Pierre Rottet, de l’Agence Apic

Fribourg, 12 mars 2003 (Apic) Ainsi donc, la nouvelle arme de destruction massive des Etats-Unis, la bombe surnommée «la mère de toutes les bombes», a été testée. Avec succès. Terriblement dévastatrice, se réjouissent les faucons de la guerre aux Etats-Unis, car, assurent-ils, la dernière née de l’imagination du lobby de l’armement américain possède un pouvoir de destruction équivalent à un petit engin nucléaire.

La «mère de toutes les bombes»? Comme si une mère, appelée à donner la vie, pouvait être associée, même par le biais d’une complaisance de langage, à un engin de mort, destiné à la donner au plus grand nombre d’»ennemis», femmes et enfants compris. Sans parler des vieillards.

Le pire, dans cette triste histoire, c’est que les Etats-Unis s’apprêtent à mettre à feu et à sang un pays sous prétexte de chasser un homme, un dictateur. et son supposé arsenal d’armes de destruction massive. Cela grâce à la puissance de feu de sa nouvelle arme. de destruction massive et définitive. Car considérée jusqu’ici comme la plus grosse bombe classique du monde et la plus destructrice de l’arsenal conventionnel des Etats-Unis. Son emploi, se réjouit du reste le guerrier américain Jake Swenson, peut être très dévastateur contre des forces terrestres.

C’est dire si le pétrole irakien que rêve d’exploiter le maître de la Maison Blanche sera purgé sans état d’âme du sang des innocents. Tombés pour la démocratie qu’entend instaurer dans cette région du monde un pays qui, par la volonté de quelques faucons liés aux lobbies du pétrole et de l’armement, partira bientôt en guerre contre la volonté du reste du monde.

Décidément, Bush et ses mauvais génies sortis de quelle fausse lampe d’Aladin n’auront reculé devant rien pour justifier leur guerre inventée: faux documents pour compromettre l’Irak à propos de l’achat d’uranium nigérien pour fabriquer une bombe atomique, chantage économique exercé contre la Russie à propos de l’OMC ou contre quiconque ose entraver leur volonté. Tout cela, alors que les généraux Turcs, forts des promesses de Washington, se préparent au dépeçage de la région nord de l’Irak, et des 20% de l’or noir irakien qui s’y trouvent. Au mépris des Kurdes de la région.

Mardi, les 19 juges de la Cour pénale internationale (CPI) chargée de juger les auteurs de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité ont prêté serment à La Haye. Georges Bush et Saddam Hussein pourraient bien demain avoir tout à redouter de cette nouvelle instance. A moins que le second nommé ne finisse ses jours sous «la mère de toutes les bombes», ou qu’il se trouve un pays assez courageux pour demander à l’ONU qu’elle exige des Etats-Unis l’élimination de leurs armes. De destruction massive. (apic/pr)

12 mars 2003 | 00:00
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Instruction sur la collaboration des laïcs au ministère des prêtres

APIC- Commentaire

Les laïcs ne sont pas que des suppléants

Par l’Abbé Marc Donzé, professeur de théologie pastorale à l’Université de Fribourg

Fribourg, 13 novembre 1997 (APIC) «L’instruction sur quelques questions concernant la collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres» rendue publique le 13 novembre, porte la signature de huit dicastères de la curie romaine. C’est dire le poids qui lui est conféré. Elle vise à restituer le rôle des agents pastoraux laïcs par rapport à celui du prêtre dans une première partie. Elle donne des normes pratiques d’application du droit sur la place des laïcs dans l’action pastorale de l’Eglise. Ces normes sont, il faut bien le dire très restrictives. Elles vont poser de nombreux problèmes en Suisse et ailleurs.

Dans notre pays en effet, le ministère pastoral a subi des développements spectaculaires depuis le Concile Vatican II. De très nombreux laïcs ont acquis un formation théologique. Ils portent avec les prêtres la responsabilité de la pastorale. Catéchistes, assistants pastoraux, responsables laïcs de paroisses, animateurs de jeunes, responsable d’aumônerie en milieu hospitalier ou carcéral, forment une impressionnante et indispensable cohorte. Alors que le ministère était presque exclusivement assumé par le prêtre avant le Concile, il est maintenant le fait d’acteurs variés, ministres ordonnés et laïcs travaillant en coresponsabilité.

Cette évolution s’est faite sous le pression des circonstances, certes puisque le nombre de prêtres diminue. Mais surtout elle s’est faite dans la sagesse du peuple de Dieu qui a compris que les tâches d’évangélisation, de préparation aux sacrements, de service des pauvres et de la justice, de coordination de la vie communautaire pouvaient être portées de manières plurielle et variée en respectant les spécificités de chacun.

Cette diversité des ministères peut reposer sur la tradition première de l’Eglise. Saint Paul nous en offre des listes, dans l’Epître aux Ephésiens par exemple. La porte en a été entrouverte par la Constitution sur l’Eglise de Vatican II. Paul VI l’a élargie, en donnant en 1972 une consistance propre aux ministères laïcs de lecteur et d’acolyte en prévoyant la mise sur pied d’autre ministères encore. Paul VI encore, dans son écrit de 1975 sur l’évangélisation, et Jean Paul II dans son encyclique de 1990 sur la mission du Rédempteur, ont confirmé cette ouverture, tout en gardant une certaine prudence.

Il est dès lors étonnant que l’Instruction, dans sa partie théologique veuille recentrer tout le ministère sur celui du prêtre (et de l’évêque) et n’octroyer aux agents pastoraux laïcs qu’une fonction de suppléance, quand font défaut les prêtres. Les ministères laïcs ont leur figure propre, fondée sur le baptême et la confirmation. Un visiteur d’hôpital ou un catéchiste professionnel n’exercent pas seulement une fonction de suppléance. Ils ne sont pas uniquement les aides du prêtre. Ils manifestent et réalisent à leur place la responsabilité du peuple de Dieu dans son ensemble pour l’annonce de la Parole ou le souci de ceux qui souffrent. Et le plus souvent, ils savent le faire en respectant la spécificité du ministère du prêtre.

Dans la logique de la concentration de tout le mystère ecclésial sur la fonction presbytérale, les normes d’application du droit visent à restreindre beaucoup l’engagement des ministres laïcs pour préserver au maximum la spécificité du prêtre. Un exemple : prenons un assistant pastoral formé théologiquement, muni d’un mission canonique de son évêque. A-t-il le droit de prêcher dans une église (et il ne s’agit pas ici de l’homélie de la messe mais d’une autre forme de prédication) ? Selon l’Instruction il n’en a pas le droit propre. Il peut y être admis en certaines circonstances exceptionnelle, si l’utilité s’en fait sentir dans des cas particuliers (art2 & 3)

Un autre exemple qui concerne une situation de suppléance cette fois-ci . le droit canonique (517&2 ) prévoit que l’évêque en cas de pénurie de prêtres peut confier à un laïc une participation à la charge pastorale en lui donnant la responsabilité d’une paroisse, sous la modération d’un prêtre responsable. Ce cas de figure existe chez nous. L’Instruction précise qu’il s’agit d’une participation à l’exercice de la charge pastorale et non pas de diriger de coordonner, modérer, gouverner la paroisse, charge qui revient au prêtre (art. 4&1). Mais, dans les faits, c’est bien le laïc en responsabilité de la paroisse qui coordonne et qui dirige. Le prêtre qui n’est pas résidant dans la paroisse, exerce en réalité une «haute surveillance» sur le travail de ce laïc. Cela signifie qu’il veille sur la fidélité ecclésiale de la tâche de coordination et de direction de ce laïc et qu’il vient dans la paroisse pour célébrer les actes qui appartiennent exclusivement au prêtre, à savoir l’Eucharistie, le sacrement du pardon et, le cas échéant, les autres sacrements. La reconnaissance de la consistance réelle et propre de la mission du laïc en charge d’une paroisse n’est pas une exagération.

Cette Instruction est un document de réaction. Il manifeste une peur devant les abus, mais les abus ne sont pas la règle. Il veut légiférer pour l’Eglise entière alors que les situations ministérielles sont si diverses à Bâle, Kinshasa ou Novossibirsk. Pourquoi ne pas laisser le champ aux Eglises locales pour déployer selon leur génie et leur nécessité la figure des ministères au service du Peuple de Dieu, dans le respect bien sûr de la structure fondamentale de l’Eglise catholique ? (apic/Marc Donzé/mp)

26 avril 2001 | 00:00
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Querelles de clochers en Ukraine

APIC – Commentaire

Maurice Page, Agence APIC

Kiev, 23mai(APIC) En Ukraine, la renaissance religieuse est partout: reconstructions d’églises, ouvertures de monastères, de séminaires, de maisons de formation… Mais dans un climat franchement nationaliste, chacun

tire de son côté. Le plus souvent l’oecuménisme se résume à deux questions:

le nombre des fidèles et la restitution des biens confisqués sous l’époque

communiste. De dialogue? Point.

Sur le terrain, pas moins de cinq confessions sont en concurrence.

L’Eglise orthodoxe ukrainienne autonome, rattachée au patriarcat de Moscou;

l’Eglise orthodoxe unie, ou soi-disant patriarcat de Kiev, et l’Eglise

ukrainienne autocéphale, de retour d’exil, forment la composante orthodoxe.

Les grecs-catholiques resurgis de la clandestinité après leur suppression

par Staline en 1946 et les catholiques-romains, qui regroupent principalement des fidèles d’origine polonaise, sont les deux Eglises d’obédience

catholique.

Tenter de déterminer le nombre des fidèles de chaque communauté est

presque impossible. L’Etat soviétique ne tenait pas de statistiques religieuses, pas plus que les Eglises elles-mêmes pour des raisons de sécurité

des croyants. Seuls le chiffre des prêtres et celui des baptêmes en 1992

semblent des données fiables. Or le nombre des fidèles peut être un argument décisif face aux autorités civiles dans la question de la restitution

des biens ecclésiastiques. Aujourd’hui, le nombre total de fidèles déclarés

par chacune des Eglises dépasse de beaucoup la population totale du pays!

Pour la restitution des églises, on peut définir quatre cas de figure.

La localité possède deux ou plusieurs églises: une revient à chaque confession. Si le village ne compte qu’un seul lieu de culte, la meilleure solution consiste à le partager entre les deux communautés. Ces cas idéaux sont

rares (8 sur une centaine de cas litigieux). Deuxième solution, décider de

l’appartenance confessionnelle de la communauté par voie de référendum.

Inacceptable, clament les minoritaires. Le danger d’une dérive politique

nationaliste est trop grand. Enfin on pourrait construire une nouvelle

église financée par les deux communautés. Objectif guère réalisable étant

donné la situation économique du pays et l’état de délabrement avancé de la

plupart des édifices religieux.

Le Vatican a envoyé un nonce apostolique en Ukraine il y a un an pour

tenter de jouer les médiateurs. Avant de parler oecuménisme, il faudra

d’abord vivre la coexistence pacifique! (apic/mp)

23 mai 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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